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Syndicalisme Un bras de fer s’annonce dans l’Ouest

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Une nouvelle guerre du lait se prépare, et la pression des producteurs sur les laiteries va monter progressivement, promettent les leaders syndicaux de la FNPL de l’Ouest qui ont tenu, le 16 octobre, une conférence de presse. « Le combat est plus important que la précédente lutte, en 2005, rappelle François Plougastel, président de la section lait de la FDSEA du Finistère. Il y a trois ans, nous avions bloqué les laiteries pour un écart de 18-20 euros pour 1000 litres. Aujourd’hui, c’est de 45 à 70 euros de baisse qu’on veut nous faire passer ».

Cibles des actions syndicales des producteurs de l’Ouest : toutes les laiteries dont les représentants ont proposé, lors de deux réunions interprofessionnelles organisées au Cniel, les 9 et 14 octobre, des baisses comprises entre 40 et 70 euros pour 1000 litres de lait sur le dernier trimestre 2008, et de 100 à 120 euros/1000 litres sur le premier trimestre 2009.

Selon les syndicalistes, les « actions » prendront différentes formes, y compris celle du dialogue.

« Nous avons le temps,glisse François Plougastel, président de la section lait de la FDSEA du Finistère. Le prochain conseil interprofessionnel laitier de l’Ouest se tiendra à Rennes le 30 octobre, et les laiteries pourront encore revoir leur prix jusqu’au début novembre ».

A l’aise dans leurs baskets

D’ici là, promet le syndicaliste finistérien, les producteurs iront rencontrer les laiteries « pour savoir si elles sont à l’aise dans leurs baskets vis-à-vis de ce que proposent leurs représentants au plan national ». Pour les producteurs de lait, en effet, il est hors de question de « laisser faire » les transformateurs

Leurs propositions sont jugées « totalement inacceptables » par Pascal Clément, secrétaire général de la section lait de la FRSEA de l’Ouest, qui rappelle que « le Modal prix (ancien accord sur le prix du lait : ndlr) suspendu par la DGCCRF prévoyait une hausse de 6 euros/1000 litres au 4 e trimestre et une baisse de 40 euros/1000 l au 1 er trimestre 2009 ». « Si on laisse faire, la moitié des producteurs du département pourraient disparaître », prévient François Plougastel, président de la section lait de la FDSEA du Finistère.

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Pire que le conflit de 2005

« Le combat est plus important que la précédente lutte, en 2005,rappelle François Plougastel. Il y a trois ans, nous avions bloqué les laiteries pour un écart de 18-20 euros pour 1000 litres. Aujourd’hui, c’est de 45 à 70 euros de baisse qu’on veut nous faire passer. Nous ne voulons surtout pas qu’un transformateur impose une forte baisse, car les autres s’aligneraient sur ses tarifs ». Une flèche envoyée vers Entremont Alliance qui collecte en Bretagne 1,6 milliard de litres de lait sur les 4,5 milliards que la région produit.

Ce que les producteurs reprochent aux transformateurs, « c’est leur approche de ce que devrait être la réactivité du prix du lait. Avec eux, la baisse est toujours plus forte que la hausse », poursuit Pascal Clément. Il reconnaît volontiers les difficultés des industriels confrontés à la très faible valorisation des produits industriels. Et accepte une plus grande réactivité dans la formation du prix du lait. Mais il réclame aussi de la part des transformateurs la prise en compte de la hausse des coûts d’exploitation qui ont progressé de l’ordre de 20 % cette année. Pour l’heure, mis à part Entremont Alliance, aucune entreprise laitière n’a fait de proposition précise de prix.

Au compte-goutte

Dans ce contexte, Entremont Alliance ne communique plus qu’au compte-goutte. Dans le rouge sur le premier semestre 2008, ses pertes devraient s’amplifier au cours du second semestre, au vu de la chute des cours du lactosérum dont il est le leader mondial. Les acteurs laitiers bretons paient au prix fort leur exposition aux produits industriels qui représentent, disent-ils, 30 % en moyenne de la valorisation de leur production, contre 20 à 25 % en France.

Et les hausses des prix passées en 2008 sur les produits de grande consommation, en plein débat sur la baisse du pouvoir d’achat, ont détourné les consommateurs des marques. Ils se sont rabattus sur des produits moins chers, des marques de distributeurs et des premiers prix. Un argumentaire que les militants syndicaux rejettent. Ils mettent en lumière les risques de destruction de la filière qu’engendrerait une forte baisse des prix du lait.