Après le risque de « Grexit », la sortie de la Grèce de la zone euro, la menace d'un « Brexit », la sortie du Royaume-Uni de l'UE. La perspective du référendum sur l'avenir du pays en Europe promis pour 2017, voire 2016, par David Cameron, grand vainqueur des dernières élections législatives, va engendrer de longs mois de tractations à Bruxelles, Londres cherchant à obtenir une Union encore un peu plus à la carte qu'elle ne l'est aujourd'hui. Assez peu probable au demeurant, une telle auto-éviction poserait en tout cas de sérieux problèmes d'ordre interne, à savoir le devenir de la très europhile Écosse, et menacerait sérieusement celui des agriculteurs britanniques dont jusqu'à 50 % du revenu brut proviennent du soutien communautaire. Plus que jamais au pouvoir, le parti conservateur juge la Pac excessivement dépensière, malgré le chèque obtenu par Margaret Thatcher, et lui reproche de protéger le secteur par des droits de douane qui faussent les échanges et poussent à la hausse les prix à la consommation. Les négociations qui vont s'ouvrir entre le gouvernement britannique et ses partenaires ne devraient pas porter prioritairement sur l'agriculture, si ce n'est les habituels marchandages budgétaires. D'autant que l'exercice de simplification des règles convenues en 2013 et à peine mises en vigueur devrait être justement l'occasion d'obtenir des flexibilités bienvenues. En revanche, les principales revendications de Londres, à savoir une limitation stricte de l'emprise de l'UE sur les politiques nationales, pourraient soulever de sérieuses tensions. La plupart des autres États membres risquent toutefois de se lasser rapidement, le Royaume-Uni ayant déjà obtenu un maximum de dérogations et autres « opting out ».
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