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Biocarburants de seconde génération Un champignon stimule la production d'éthanol de paille de blé

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Des chercheurs de l'Institut français du pétrole-énergies nouvelles (IFPEN) et d'autres instituts de recherche ont utilisé un champignon capable de stimuler la production d'éthanol de paille de blé, à travers les enzymes qu'il sécrète, a indiqué l'institut le 4 février. L'augmentation du rendement d'hydrolyse de la paille de blé peut aller ainsi jusqu'à 17 % pour l'instant.

Les chercheurs en biotechnologies de l'IFPEN ont étudié les enzymes lignocellulolytiques du champignon filamenteux Podospora anserina via des analyses génomiques et protéomiques et ont conclu à une augmentation de la production d'éthanol de paille de blé, matière première « coriace », difficile à « digérer » pour la transformer en sucres. Ces travaux ont été menés en collaboration avec des équipes de recherche académiques de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Un fort potentiel de dégradation

Jusque-là, la décomposition enzymatique de la biomasse en sucres fermentescibles, étape importante de la production de biocarburants de seconde génération, est effectuée par des enzymes produites par le champignon filamenteux Trichoderma reesei. Pour améliorer l'efficacité du mélange enzymatique, l'IFP a piloté des travaux de recherche visant à étudier les mécanismes de dégradation et le potentiel des enzymes provenant du champignon Podospora anserina. Ce champignon était en effet apparu intéressant de par son habitat : il est un des derniers à apparaître sur les excréments des ruminants, ce qui montre sa capacité à se nourrir des substrats récalcitrants. Et de par son arsenal d'enzymes lignolytiques et cellulolytiques qui est un des plus importants parmi toutes les espèces fongiques séquencées à ce jour.

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L'étude des sécrétions d'enzymes produits a « conduit à une augmentation du rendement d'hydrolyse de la paille de blé prétraité pouvant atteindre 17 % par rapport au cocktail enzymatique de Trichoderma reesei seul ».

L'ensemble des résultats obtenus « démontre le fort potentiel d'une recherche approfondie de nouvelles enzymes produites par des espèces fongiques qui sont spécialisées dans la dégradation de la biomasse végétale récalcitrante » aux enzymes, comme la cellulose, difficile à hydrolyser. Ce type de recherche continue actuellement dans le cadre du projet ANR « Funlock » coordonné par le laboratoire de l'Inra de Marseille, spécialisé dans la biotechnologie des champignons filamenteux, a précisé l'IFPEN.