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Un comité stratégique « bioéconomie » avant un plan d’action en avril

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Stéphane Le Foll a installé un comité stratégique « bioéconomie » le 7 mars au ministère de l’Agriculture, en vue d’un plan d’action pour la bioéconomie qu’il espère voir lancé en avril. Lors de cette première réunion, des exemples ont été présentés dans l’objectif de les démultiplier. Le ministre de l’Agriculture a insisté sur le potentiel de la photosynthèse, sous-utilisé, et a rappelé l’importance de l’énergie solaire en général, qui pourrait fournir toute l’énergie utile à l’activité humaine.

Le ministre de l’Agriculture a réuni un comité stratégique « bioéconomie » au ministère, composé de professionnels, de membres de l’administration et de chercheurs. Cette installation fait suite à la communication de Stéphane Le Foll au conseil des ministres français du 18 janvier sur l’agriculture et la bioéconomie. Il avait à cette occasion souligné l’étendue du champ de la bioéconomie (voir encadré) : elle correspond à l’économie de la photosynthèse, et « permet d’utiliser au maximum une énergie abondante, renouvelable et gratuite : l’énergie solaire ».

Le potentiel de la photosynthèse "mérite d’être mieux valorisé"

Cette fois-ci, le ministre a posé les principes de la trajectoire qu’il souhaite voir émerger du comité stratégique : le potentiel de la photosynthèse, sous-utilisé, mérite d’être mieux valorisé. Il peut l’être notamment à travers les couverts végétaux. Ceux-ci permettent de réduire la fertilisation chimique, azotée notamment, et d’augmenter la production de biomasse pour l’alimentation et les biocarburants. Il peut aussi être mieux valorisé à travers la méthanisation des résidus de cultures et des effluents d’élevage. L’utilisation de l’énergie solaire sur tous les toits, les vitres et les routes permettrait de couvrir tous les besoins énergétiques, a-t-il extrapolé.
Ces principes posés, il reste au comité stratégique à élaborer des propositions et un plan d’action. « Il faudrait que le plan d’action soit prêt à la mi-avril. J’aimerais le présenter tant que je suis ministre de l’Agriculture… », s’est exclamé Stéphane Le Foll. Le locataire de la rue de Varenne a suggéré que le prochain ministère de l’Agriculture soit « le ministère de la photosynthèse ».

Le comité stratégique « bioéconomie » est composé d’acteurs économiques de l’amont à l’aval des filières de la bioéconomie (à l’amont : agriculture et forêt, à l’aval : alimentation, matériaux-chimie, énergie), ONG, structures de recherche et de soutien à l’innovation, administrations et établissements publics impliqués sur la bioéconomie.

Avant d’exploiter tout le potentiel d’énergie solaire qui, il est vrai, est surabondant, puisque « avec 0,01 % de l’énergie solaire arrivant sur la Terre, on pourrait couvrir toute la demande énergétique du monde », comme l’a souligné Stéphane Le Foll, il faut « démultiplier les initiatives », indique-t-on au ministère.

Exemple finlandais

Jertta de Mazières, conseillère agricole à l’ambassade de Finlande, a rappelé que la Finlande a défini sa stratégie en bioéconomie en mai 2014. La première phase du plan d’action finlandais vise une autosuffisance en énergie renouvelable d’au moins de 55 % et l’usage des carburants renouvelables en transport à 40 % avant 2030. La seconde phase « est en train de mettre l’accent sur la chimie et les produits à haute valeur ajoutée », notamment l’utilisation de la cellulose en remplacement du coton et de dérivés du bois dans la pharmacie, a cité Jertta de Mazières.

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La première phase du plan d’action finlandais vise l’usage des carburants renouvelables en transport à 40 % avant 2030

S. Le Foll au conseil des ministres : produire davantage de biomasse agricole

Lors de sa communication du 18 janvier au conseil des ministres français, Stéphane Le Foll avait insisté sur le fait que la France « peut compter sur un potentiel de production de biomasse considérable », pour quatre raisons.

- La mise en œuvre de la stratégie agro-écologique portée par le ministère de l’Agriculture permet de produire davantage de biomasse agricole, plus diversifiée et avec moins d’impacts sur les milieux.

- La mobilisation de la biomasse forestière peut elle aussi être augmentée significativement, appuyée par une politique publique forestière ambitieuse.

- Les ressources aquatiques sont de mieux en mieux connues et l’importante façade maritime de la France ainsi que sa zone économique exclusive (ZEE), la deuxième au monde, représente une opportunité majeure de production.

- Les biodéchets sont et seront de mieux en mieux captés, grâce notamment à l’application des dispositions de la loi de transition énergétique pour la croissance verte.