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Syndicalisme Un congrès pour « rebondir »

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Le 61e congrès de la FNSEA qui s’est ouvert à Marseille le 27 mars pour trois jours a été un congrès de transition. Sans réel enjeu, cet événement qui rassemblait environ 500 congressistes a permis aux troupes victorieuses des élections aux chambres d’agriculture de savourer la victoire. Dans le prolongement de ces élections, le rapport moral du syndicat souhaite redonner « de l’efficacité syndicale » à la représentativité de la FNSEA qui est sortie renforcée fin janvier. Il doit donner des pistes de réflexion sur le fonctionnement et le leadership de la « grande maison » avec le souci de concrétiser ces propositions pour le congrès de mars 2008.

«La victoire est en nous ». Reprenant le célèbre slogan de l’équipe de France de football, les 500 congressistes réunis à Marseille du 27 au 29 mars ne boudaient pas leur plaisir. Soulagés par une large victoire aux élections aux chambres d’agriculture, le temps, pour eux, est à l’apaisement. Ce 61e congrès de transition avant l’échéance élective de 2008 où une nouvelle équipe dirigeante sera élue, propose un rapport moral consacré au syndicalisme. Ce rapport, intitulé « De la représentativité à l’efficacité syndicale » discuté le 28 mars au matin a été voté à l’unanimité. Rappelons que la FNSEA avait consacré au syndicalisme son rapport d’orientation de 2004. Cette nouvelle mouture se veut un préalable à une réflexion qui doit s’engager jusqu’au prochain congrès, en mars 2008.

« Pas une fin en soi »

Il n’empêche. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA a prévenu le réseau syndical, le 28 mars lors de son discours d’ouverture : « Cette victoire n’est pas une fin en soi, c’est une responsabilité supplémentaire qui les paysans viennent de nous confier». « Nous ne devons pas nous endormir sur nos lauriers », a-t-il expliqué. L’idée est de « rebondir sur cette victoire en consolidant nos bases syndicales et en préparant le renouvellement syndical de 2008 » peut-on lire en introduction du rapport moral.

« Nous devons maintenir haut la culture de l’adhérent dans toutes nos structures. Il est la base de notre syndicalisme. C’est notre principale force d’action » a martelé le président de la FNSEA. Autre sujet fort pour la structure FNSEA, « la formation que tous les élus ont à accomplir». « La prise de responsabilité (…) impose des attitudes, des comportements, des compétences particulières qui nous devons assimiler », a rappelé Jean-Michel Lemétayer dans son discours d’ouverture.

« Notre représentativité ne fait pas forcément l’efficacité syndicale, elle y contribue », a souligné, le 28 mars, Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA et coauteur avec Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint, du rapport moral. C’est pour viser une « efficacité renforcée » que les rapporteurs proposent notamment de :

– « fidéliser et conquérir des adhérents en élargissant notre base » ;

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– de « sécuriser les conditions d’engagement des responsables et d’instaurer des parcours de formation « ;

– « de conforter certains échelons de notre organisation et mutualiser d’avantage moyens dans un esprit de groupe »

– « de mettre à profit notre représentativité et de gérer nos majorités ».

Esprit de groupe

Cet esprit de « groupe » a été évoqué lors du débat qui a suivi le rapport moral. En ligne de mire notamment, les relations avec les AS (association spécialisée). Claude Cochonneau, des Pays de la Loire, a présenté aux congressistes ce qu’il considère comme une ligne de conduite. Il faut considérer que les commissions de travail de la FNSEA apportent la recette, que la FNSEA fait la cuisine et qu’après, ce « plat unique doit être savouré par tous », a-t-il expliqué. Pas toujours simple quand, « avec l’accord de Luxembourg, tout se met en place insidieusement pour monter les paysans les uns contre les autres, tout comme les secteurs de production et les zones géographiques», a rappelé Jean-Michel Lemétayer.

Lors du huis-clos du 27 mars, la région Paca, et les « productions trop peu accompagnées par Bruxelles » (non détentrices de DPU : ndlr) selon la formule du président de la FNSEA, à savoir les fruits et légumes et la viticulture, ont fait entendre leur voix. « Nous avons engagé un débat ; il est pour moi gage de volonté et d’unité », a rassuré Jean-Michel Lemétayer le 28 mars. L’heure n’est pas à la confrontation ni sur le fond ni sur la forme. Et même la succession de Jean-Michel Lemétayer d’ici mars 2008, s’il n’est plus candidat, n’est pas encore officiellement d’actualité. Tout au plus, la perspective de la présidence du Copa prévue à la mi-avril pour Jean-Michel Lemétayer était évoquée dans les couloirs du congrès. Tout comme l’intérêt du leader de la FNSEA pour la Sopexa. Mais, à Marseille, à chaque jour suffisait sa peine.