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Coûts de production Un contrat pour limiter les hausses

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Un accord entre céréaliers et éleveurs devrait voir le jour d'ici l'été afin de faire face à la volatilité des cours. La FNSEA l'a annoncé le 16 février lors d'une conférence de presse. Un moment qualifié d'« historique ». L'objectif de ce contrat est de stabiliser l'évolution des charges d'aliments du bétail dues aux matières premières.

Coop de France, Orama, syndicats du négoce agricole et de la nutrition animale, Fédération nationale porcine, ovine et bovine, Confédération française de l'aviculture, Association des producteurs de blé, de maïs et de protéagineux…, tous étaient présents pour ce « moment historique » : l'annonce par Xavier Beulin, président de la FNSEA, d'un accord entre les filières animale et végétale d'ici l'été prochain. Cette annonce, effectuée lors d'une conférence de presse le 16 février, est une réponse à la demande de Bruno Le Maire datant du 6 janvier. Le but : atténuer les effets de la volatilité des cours des matières premières. Du fait de la récente hausse de ces cours, les éleveurs vendent effectivement à perte puisqu'ils ne peuvent répercuter leurs coûts de production à l'aval. Un communiqué de presse du jour même explique que des contrats types entre collecteurs de grains et fabricants d'aliments « prévoyant le lissage des prix de marché sur plusieurs mois ou s'appuyant sur les prix de campagne payés aux producteurs de grains » vont être proposés. De même, des accords entre fabricants d'aliments et éleveurs, « assurant une visibilité du coût de l'aliment » sur plusieurs mois devraient éclore.

À l'aval de contractualiser

« Nous ne devons pas nous affranchir des situations de marché, mais nous devons permettre d'éviter des coûts d'intermédiation entre nos secteurs, affirme Xavier Beulin. L'agriculture n'a de sens et de perspective que si elle répond à la fois au secteur animal et végétal. » Il définit trois axes de travail : la contractualisation, la régulation des marchés et la répercussion des prix au consommateur. Il insiste sur le fait que, pour que ces contrats aient une valeur, l'aval doit prendre le relais et rentrer lui aussi dans le jeu de la contractualisation. Xavier Beulin a ainsi renvoyé la balle à la grande distribution et aux industriels. « Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire et le secrétaire d'Etat au commerce et à l'Artisanat Frédéric Lefebvre doivent mettre tout leur poids dans la balance pour aboutir à ce résultat d'ici le mois de mars », interpelle le communiqué de presse commun aux deux filières. Avec Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine, Xavier Beulin regrette certaines initiatives de contractualisation qui voient le jour, çà et là en France, au détriment éventuel des éleveurs.

Réguler les marchés via le stockage

La création « d'un marché à terme du tourteau de colza et de produits carnés dès lors qu'il y aura mise à l'engraissement » des animaux est aussi en réflexion, d'après Xavier Beulin. En outre, « il reste à restaurer une régulation et une transparence des marchés à terme des “commodities” agricoles et de leurs produits dérivés. Les partenaires des deux filières soutiennent cette approche qui doit faire l'objet de propositions de la France dans le cadre du G20, à l'initiative du président de la République », souligne le communiqué de presse. Xavier Beulin a également appelé à une régulation des marchés via le stockage.
Dans ce sens, il parle d'« une demande forte au travers d'un plan silo chiffré et calibré », soit un plan de construction de silos de 5 millions de tonnes d'un coût d'un milliard d'euros. Mais pour Philippe Mangin, président de Coop de France, il s'agit surtout de simplifier les délais de la procédure des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Philippe Pinta, président d'Orama, désire de son côté « une transparence dans les stocks » et déclare que « la France doit donner l'exemple en matière de stockage au G20 ».

Créer un index en « pied de facture »

Par ailleurs, afin de répercuter la volatilité des prix au consommateur, Xavier Beulin souhaite indexer, « à la hausse comme à la baisse », le produit fini sur la matière première qu'est la céréale. Il propose donc un index en pied de facture car « l'une des critiques du consommateur est que lorsque le prix monte, ensuite, il ne redescend pas ». Pour cela, il désire qu'« un comité de suivi et des indicateurs » soit mis en place, notamment par l'Observatoire des prix et des marges. « Avec cette indexation en pied de facture, nous voulons être transparents », déclare-t-il. Philippe Mangin se demande de son côté « s'il n'est pas temps que la classe politique déclare que l'alimentation ne doit plus être une variable d'ajustement du budget des ménages français. Arrêtons de se focaliser sur la baisse du prix de l'alimentation. » Aujourd'hui, l'alimentation représente 11% du budget d'un ménage français contre 16% il y a dix ans. De ces 11%, seuls 3% reviennent aux matières premières agricoles. « On sent que l'on est arrivé à un point de rupture, à un moment où l'on a trop tiré sur la corde », conclu Xavier Beulin.

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