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Un cuir végétal à partir du coproduit du kombucha

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Des formes peuvent être créées à partir de la cellulose bactérienne pure. Crédits : © Vivien Roussel

  Il est possible de fabriquer un matériau présentant les mêmes propriétés que le cuir mais à partir de matières premières végétales issues de la fermentation du thé. Des recherches se poursuivent pour créer des formes en utilisant cette même matière première avec le concours d’un bioréacteur.

Quelle alternative vegan au cuir animal, dont le traitement nécessite de nombreuses étapes synonymes d’impact environnemental non négligeable ? A cette question, Vivien Roussel, qui mène actuellement ses recherches dans le cadre d’une thèse au sein de l’Institute for Future Technologies du Pôle Léonard De Vinci (Courbevoie) et des laboratoires Chrome et Projekt de l'Université de Nîmes, a répondu en partant d’un coproduit de la fermentation du thé pour produire le kombucha. « Lors de la fermentation du thé et du sucre pour produire du kombucha, il se forme à la surface du liquide un biofilm que l’on sèche et qui constitue de la cellulose bactérienne pure », explique Vivien Roussel.

Cette matière doit pousser pendant environ deux semaines pour obtenir une épaisseur comprise entre quelques millimètres et 2 cm, puis attendre après l'application d'assouplissant entre un mois et 1,5 mois pour que la matière soit totalement fixée. « On peut ensuite assouplir ce cuir végétal avec des huiles pour éviter qu’il soit cassant, afin d’obtenir la même élasticité qu’un cuir animal », précise Vivien Roussel.

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Inspiré de la recherche médicale

Si Vivien Roussel a obtenu une matière aux propriétés identiques à celles du cuir, la technique mise au point est inspirée de celle utilisée pour créer des greffes de peau, tels que les pansements utilisés pour les grands brulés en cellulose pure.

Mais le chercheur compte désormais aller plus loin en menant des travaux afin de faire « pousser » des formes à partir de la cellulose bactérienne pure, en utilisant des bioréacteurs tels que ceux utilisés dans l’industrie pharmaceutique. Il serait alors possible de créer des sacs ou des chaussures d’une seule pièce de cellulose. Un article scientifique doit être prochainement publié sur ce sujet.