La filière de la pomme de terre devra trouver un débouché de 500 000 tonnes supplémentaires dans les dix ans sur le marché, du fait des rendements en hausse, et de la tendance à l'augmentation des surfaces. Devant ce constat, évoqué au congrès de la Fédération des négociants de la filière (Fédépom), le 5 juin au Touquet, l'organisation professionnelle mise notamment sur l'export.
« Il faudra trouver un débouché de 500 000 tonnes supplémentaires dans les dix ans pour la pomme de terre, a indiqué Martin Mascré, directeur de l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), l'un des invités à la tribune au congrès de Fédépom. Il a attiré l'attention des congressistes sur un potentiel de débouché qui pour l'instant échappe à la filière française : la consommation de produits transformés à base de pommes de terre augmente, mais elle est en grande partie satisfaite par les importations.
Il reste « une stratégie à bâtir avec le négoce et tous les acteurs de la filière pour développer des marchés », a-t-il lancé, présentant des simulations. Ainsi, un accroissement de 1% des quantités livrées aux usines de transformation entraîne une hausse de 2,1% du prix moyen. Mieux : pour chaque accroissement de 1% des exportations, les prix s'élèvent de 3,3%.
Stimuler l'exportation a un effet d'entraînement intéressant sur la dynamique du marché. « Reprenez les parts perdues à l'export ces dernières années », notamment vers l'Espagne, a exhorté Gilles Fontaine, président sortant de Fédépom. Après l'élection à l'issue du congrès, le nouveau président élu a été Alain Marguin, président de la société de négoce Terre de France.
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Le secteur de la pomme de terre connaît une période faste pour le « grand export », vers le Moyen-Orient, a indiqué la commission « export » de Fédépom. Deux facteurs ont joué, a expliqué Francisco Moya, rapporteur des travaux de cette commission : d'une part l'embargo européen sur la Russie a conduit des pays comme l'Égypte et le Pakistan à fournir la Russie en pommes de terre, laissant moins de disponibilités pour les pays acheteurs habituels tels les Émirats arabes. D'autre part Israël, habituellement exportateur, importe, en raison de l'année de la Schmita, année sabbatique qui revient tous les sept ans, pendant laquelle les religieux du pays (25% de la population) s'abstiennent d'utiliser les produits de leur terre, a indiqué par railleurs Luc Lemaire, directeur de la société de négoce lilloise Lucas Lemaire. Israël importerait ainsi 80 000 tonnes de pommes de terre à la France pour cette campagne 2014-2015.
Le grand export pour la pomme de terre française date d'il y a environ cinq ans. Des possibilités d'exportation existent au Vietnam et en Afrique, continent vers lequel les Néerlandais exportent depuis longtemps quelque 250 000 tonnes de pommes de terre et oignons, a précisé Luc Lemaire.