Le premier rapport de l’Observatoire de l’OMSA (ex-OIE) montre un déficit inquiétant de moyens vétérinaires : seuls 7 % des membres de l’organisation internationale « disposent d’une capacité en effectifs suffisante ».
Seulement 7 % des États membres de l’OMSA (Organisation internationale de la santé animale, ex-OIE) disposent de suffisamment de ressources vétérinaires pour appliquer les normes internationales de santé animale, indique l’Observatoire de l’OMSA dans son premier rapport annuel. Dans le détail, ce pourcentage s’applique aux 43 États membres (sur un total de 182) qui ont été audités entre 2016 et 2021 sur la performance de leurs services vétérinaires. Quant à la capacité des pays à respecter les normes, l’OMSA l’apprécie à travers une notation dans neuf domaines, ou « compétences critiques » : effectifs de vétérinaires, formation, financement, etc. L’OMSA recense 19 millions de professionnels vétérinaires dans le monde (9 millions de praticiens et 10 millions de « para-professionnels »). Soit en moyenne une personne pour 2 611 UGB, toutes espèces confondues (voir notre graphique dans ce numéro). Conséquence de ce déficit de vétérinaires : seuls 35 % des membres évalués « disposent d’une capacité globale de surveillance ». Autre constat de l’OMSA : un « délai entre la confirmation d’une maladie et sa notification […] souvent important ». Seules 29 % des notifications ont été transmises dans les 24 heures, et 11 % l’ont été après un mois.
Plans d’urgence dans neuf pays sur dix
Côté mesures de lutte, 86 membres de l’OMSA ont mis en place des mesures de contrôle des mouvements d’animaux pour prévenir la diffusion des maladies en 2021. Une pratique qui « progresse lentement mais sûrement » (+23 % depuis 2005). Mais 57 % des États membres n’appliquent ces mesures qu’à leurs frontières ; seul un tiers y ajoutent des contrôles au sein de leur territoire. En dépit du manque de moyens, les gouvernements semblent prendre au sérieux la menace des maladies animales : 87 % des membres de l’OMSA ont préparé des plans d’urgence pour au moins une affection.
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Enfin, l’OMSA fait aussi le point sur les mesures visant à protéger les échanges commerciaux. Avec 71 % des pays, « un nombre croissant de membres déclare avoir recours au zonage » (poursuite des exportations des zones indemnes d’un pays touché par une maladie). Mais « la mise en œuvre effective de cette mesure reste compliquée », rappelle l’OMSA, notant par exemple que « certains membres rapportent mettre en place le zonage sans mesures de contrôle ». Quant à la compartimentation – qui consiste à isoler une chaîne de production du point de vue sanitaire –, elle n’est pratiquée que par une poignée de pays (7 %).