Lors d’une session de formation organisée par l’Association française des techniciens de l'alimentation et des productions animales (Aftaa) le 3 décembre à Paris, Andrée Desfois, directrice de publication de Stratégie grains, revue d'analyse en Europe pour les professionnels de l'industrie des céréales, a livré ses analyses sur le déficit fourrager. Principales conclusions : pour l’instant, le déficit fourrager 2003/2004 est estimé à 5 Mt et la consommation de céréales par le secteur animal devrait baisser de 6 Mt
“Nous estimons l’ampleur du déficit fourrager à 5 millions de tonnes”, a indiqué Andrée Desfois. L’analyste tient à préciser que lorsqu’on parle de “déficit fourrager”, cela ne correspond pas à la perte de production mais à la différence entre le stock prévu à la fin de la campagne et le stock minimum nécessaire (stock outil). S’appuyant sur les derniers chiffres des marchés céréaliers, Andrée Desfois estime que pour résorber le déficit fourrager en Europe, il faudrait “réussir à importer plus de 5 millions de tonnes de maïs”. Les pistes supplémentaires avancées par Stratégie Grains sont l’importation de 3 Mt de blé d’Amérique du Nord, contre 2 à 2,5 d’habitude, puis l’importation de 1Mt de sorgho. Il faudrait également sortir 1Mt de blé et 0,2 Mt d’orge des stocks d’intervention, ainsi que 2Mt de seigle. “Avec tout cela, il resterait alors un déficit résiduel proche de 1 Mt seulement”, affirme Andrée Desfois, qui est également gérante de Tallage, cabinet de prospectives agro-économiques.
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Consommation de céréales en baisse
Au-delà du déficit fourrager, la consommation de céréales par le secteur animal devrait être en baisse de 6 millions de tonnes. Concernant la production des aliments composés, la situation des secteurs est assez différente. Du côté de l’alimentation pour bovins, on note une hausse de 33,5 Mt à 35,6 Mt, que la directrice de publication de Stratégie Grains explique notamment par “un manque de fourrage”. Andrée Desfois précise toutefois que “l’impact sur le marché des céréales n’est pas énorme car pour l’instant, le taux d’incorporation des céréales dans ces aliments n’est pas énorme”. En revanche, la production d’aliments composés est en baisse dans les secteurs du porc (de 44,3 à 44,1Mt) et les volailles (37,3 à 36,8 Mt). Ces baisses restent assez légères. “L’essentiel de la baisse semble derrière nous. Les conséquences de la réduction des cheptels porcins du Nord de l’Europe semblent stabilisées”, conclut Andrée Desfois. Par ailleurs, l’analyste met l’accent sur la baisse de consommation des céréales à la ferme, qui devraient passer, en ce qui concerne le marché européen, de 56,8 millions de tonnes en 2002/2003 à 53,8 pour les prévisions de 2003/2004.