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Un dialogue entre élevage et environnement au sein d’Interbev

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Une concertation a été réalisée de 2014 à 2016 au sein d’Interbev entre des représentants d’ONG pro-environnement et des éleveurs avec des résultats plutôt positifs, selon les participants.

Interbev a rendu les résultats d’une concertation, le 22 février, avec quatre associations de protection de l’environnement : WWF, GreenCross et territoires, la Fondation Nicolas Hulot et France Nature Environnement (FNE). Des points d’accord ont été trouvés comme encourager la « culture de l’herbe », les achats de proximité ou utiliser une vision multicritère au sujet de l’environnement et ne pas se focaliser sur le carbone. Cinq leviers ont été identifiés et publiés dans un guide disponible auprès d’Interbev (1). À chaque levier correspond une analyse des co-bénéfices et des points de vigilance éventuels. Grâce aux échanges au sein de la concertation, Interbev a communiqué avec la fondation Nicolas Hulot contre le CETA, accord de libre-échange Europe-Canada. « Un point majeur fait encore dissension entre nous, soulignait Arnaud Gauffier, chargé du programme agriculture durable chez WWF France. C’est la consommation de viande ». Il s’agit, selon lui, de définir ce qu’est le « consommer moins de viande, mais mieux », avec la question de « qu’est-ce que le “mieux” dans le bœuf ? ». Pour Bruno Dufayet, président de la commission Enjeux sociétaux à Interbev, ce travail de concertation a été bénéfique pour tous, « car il a permis de faire évoluer notre logiciel. Personnellement, il m’a ouvert les yeux sur certains sujets ».

La présence utile d’un médiateur

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La présence d’un médiateur a été nécessaire pour cette concertation, soutenue par le ministère de l’Agriculture, qui a duré plusieurs années. Il est question de reproduire ce travail sur le thème du bien-être animal avec notamment les associations CIWF et OABA. Difficile cependant d’effectuer la même démarche dans d’autres filières, selon les ONG, car toutes ne sont pas ouvertes à la discussion et « notre temps n’est pas extensible », rappelait Amandine Lebreton, directrice du pôle scientifique et technique de la Fondation Nicolas Hulot. Pour Jean-Claude Bevillard, élu en charge des questions agricoles à FNE, « la filière vache allaitante est une filière qui répond bien à tout une série d’enjeux environnementaux ». D’après lui, « il faut que les acteurs de la profession agricole arrêtent de dire que l’agriculture, c’est notre affaire. L’agriculture, c’est l’affaire de tous. S’il n’y a pas de viabilité économique et une reconnaissance sociale, il n’y aura pas d’avenir ! ». En parallèle, Interbev a annoncé son engagement dans un pacte sociétal qui regroupe « cinq valeurs fortes » : progrès, avenir, concertation, transparence et expertise. « Afin d’encadrer et de structurer cette démarche de progrès, la filière a souhaité s’appuyer sur la norme ISO 26 000, dite norme de Responsabilité sociétale des entreprises ou organisations (RSE ou RSO) », explique Interbev. « Ce pacte n’a pas d’objectif de temps, observe Bruno Dufayet. Il n’y a pas un calendrier car les questions autour de nos métiers vont continuer à s’adapter à l’évolution de nos sociétés. »

(1) : « Élevage bovin allaitant français et climat » ; Février 2017 ; Interbev, France Nature environnement, Fondation Nicolas Hulot, WWF et GreenCross et territoires