Les organisations syndicales CGT agricoles et alimentaires ont saisi l’occasion offerte par la conjoncture qui remet l’agriculture sur le devant de l’actualité, pour définir une position commune sur leurs analyses et propositions. Elles estiment que l’agriculture mérite plus d’attentions des pouvoirs publics pour l’intérêt général.
Les syndicats CGT du secteur agricole ont présenté le 18 juin un document qui rassemble pour la première fois leurs analyses et propositions communes. Ces analyses et propositions ont été élaborées par la FNAF-CGT (Fédération nationale agroalimentaire et forestière), l’Unecca (Union nationale des syndicats CGT du Crédit Agricole), la CGT-Inra, les syndicats CGT de la MSA MSA : Mutualité sociale agricole., de Groupama, le Syac-CGT (ministère de l’Agriculture) et les syndicats CGT des forêts.
Le système capitaliste obligé de « lâcher du lest »
Ce document de 15 pages est une « feuille de route » sur laquelle les différents syndicats travailleront, selon Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la FNAF-CGT. « Alors qu’on nous a expliqué pendant des années qu’il fallait restructurer en raison des montagnes de beurre et autres excédents, l’agriculture a maintenant un vrai défi à relever face à la hausse des prix et aux besoins alimentaires. Si c’est pour le seul intérêt des actionnaires, ce n’est pas la peine qu’on se lève tous les matins pour faire tourner les usines », a-t-il exposé.
Le document note que la situation alimentaire mondiale « oblige le gouvernement à réaffirmer des orientations fortes (souveraineté alimentaire, renforcement des mécanismes de gestion des marchés, orientation des productions, préférence communautaire) ». Mais les réflexions sont « restées dans le schéma préétabli d’une Pac marquée par le démantèlement de tous les outils de régulation ». Le système capitaliste « lâche du lest », avec par exemple la Banque mondiale qui reconnaît que l’agriculture a été délaissée ces 20 dernières années, a commenté un représentant de la CGT-Inra.
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Le problème de la recherche
L’appel à une recherche publique renforcée est un des points-clés du document. « La recherche scientifique et les progrès scientifiques et technologiques qui en sont issus ne sont pas neutres. De plus en plus soumis aux lois du marché capitaliste, ils répondent de plus en plus aux intérêts privés de quelques-uns et de moins en moins à l’intérêt général et aux besoins des populations », résume le document. « Des restructurations massives menacent la recherche publique et notamment l’Inra », précise-t-il, tandis qu’un des syndicalistes CGT-Inra, Alain Roques, a attiré l’attention sur l’imminence d’un rapprochement entre l’Inra et le Cirad, le personnel de cet second établissement étant sous statut privé. Un autre a évoqué la mutation d’une partie du personnel de la station Inra de La Minière, près de Versailles, consacrée au contrôle des semences, vers Angers, autour du pôle de compétitivité Végépolys, avec un risque de dévalorisation du statut.
D’autres représentants syndicaux ont exprimé leurs désaccords avec une « logique de rentabilité financière » qui entraîne « une régression au plan des services utiles à la population et à l’économie » au Crédit agricole et à la MSA.