Les réactions ont continué à tomber en cascade après la destruction d’une récolte de maïs transgénique en Gironde, le 4 novembre. L’action avait failli tourner au drame, l’exploitant ayant ouvert le feu sur les anti-OGM.
Venus exprimer leur « ras-le-bol » devant le « terrorisme agricole » des anti-OGM, quelque 300 agriculteurs se sont rassemblés le 9 novembre à Lugos (Gironde) pour apporter leur soutien à Marc Giblet, gérant de l’exploitation attaquée et auteur du coup de feu. Les manifestants étaient venus notamment de Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne, de Haute-Garonne et de Corrèze.
D. Bussereau s’en prend à Ségolène Royal
Le 6 novembre, le ministre de l’Agriculture avait qualifié l’opération d’« acte de vandalisme prémédité » chiffrant les dommages à « environ 360 000 euros » pour l’exploitant. Dans son communiqué, Dominique Bussereau s’en était également pris à Ségolène Royal qui « a cru bon de cautionner la destruction du bien d’autrui ». « Le moins que l’on puisse attendre d’un candidat à la présidence de la République, c’est qu’il n’appelle pas au combat contre l’autorité de l’Etat », avait considéré le ministre. Ségolène Royal, candidate à l’investiture présidentielle socialiste, avait estimé pour sa part que la lutte de José Bové était « un bon combat » tout en se déclarant « pas favorable à l’atteinte au droit de propriété ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Côté syndical, la FNSEA et Orama ont demandé que « l’ordre » soit « appliqué » en France. La filière semences (Gnis, Oleosem, Seproma) et les industriels des phytosanitaires (UIPP) rappellent que tout agriculteur français est libre d’utiliser un certain nombre de variétés de maïs transgénique autorisées. L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a pour sa part dénoncé « la violence » des Faucheurs volontaires, estimant que les militants anti-OGM étaient à l’origine de la réaction de l’exploitant agricole. « L’impunité accordée aux Faucheurs, voire les mesures d’amnistie annoncées par certains politiques, sont pour nous autant d’encouragements aux Faucheurs », a regretté le directeur de l’AGPM, Luc Esprit.
En défense, la Confédération paysanne estime que ce sont « les conditions laxistes, couvertes par l’Etat » qui sont à l’origine des évènements de ce week-end. Renvoyant dos à dos les deux parties, la Coordination rurale demande pour sa part au ministre de l’Agriculture d’acheter par précaution tous les stocks de maïs OGM présents sur le territoire – pour que cessent les troubles à l’ordre public – et suggère de les utiliser comme combustible pour des chaudières ou des fours.