Avec Nicolat Hulot, Emmanuel Macron a pêché un gros poisson. Les trois derniers présidents de la République en avaient rêvé, il l’a fait. Mais il y a un prix à payer : le président de la Fondation éponyme a pu poser ses conditions : un ministère d’État n° 3 dans la hiérarchie gouvernementale. Les conséquences sur la gestion politique des dossiers agricoles seront inévitables.
En interministériel, qui va avoir le dernier mot entre Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et Jacques Mézard, ministre de l’Agriculture ? Tout oppose ces deux hommes : l’un hyper-médiatique, qui parcourt la planète pour défendre la cause de celle-ci auprès des grands de ce monde, l’autre bien ancré dans son territoire, proche des préoccupations de ses administrés et peu sensible aux médias. La profession agricole, qui a de nombreux dossiers en souffrance sur les questions environnementales, peut avoir des craintes. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer le nouveau ministre de l’Agriculture sur sa capacité de persuasion. Il a une solide réputation d’un sénateur de conviction qui défend ses textes de loi sans rien lâcher.
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Jacques Mézard a une autre épine dans le pied : son manque d’expérience européenne. Emmanuel Macron a privilégié un homme rassurant pour le monde rural – qui se sent le grand oublié des derniers quinquennats – au détriment de l’expertise bruxelloise. Il s’agissait aussi de nommer un élu PRG, dont sa présidente, Sylvia Pinel, avait appelé à voter Macron. Ce dernier a sans doute considéré que le ministre pourra toujours s’entourer d’une équipe capable de le guider dans les arcanes du pouvoir bruxellois. À voir.