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Prix du lait Un essoufflement à la hausse aux enchères néo-zélandaises

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Les cours du lait atteignent des sommets depuis plusieurs mois en Nouvelle-Zélande, acteur majeur du marché mondial. Mais les dernières enchères de Fronterra, la principale coopérative du pays, ont mis un léger frein à cette flambée dont on attend encore la répercussion en France.

Alors que les éleveurs laitiers français attendent que les cours élevés du prix du lait soient répercutés en France, c’est une mauvaise nouvelle qui leur vient de Nouvelle-Zélande. Après neuf hausses consécutives depuis le 16 décembre 2012, suite à une sécheresse, l’indice global des prix industriels laitiers a perdu 7.3 % le 1er mai aux enchères de Fronterra, la principale coopérative laitière du pays et acteur majeur du marché mondial, selon Agritel, société de conseil sur les marchés agroalimentaires.
« La demande en produits laitiers industriels se rationne au vu des prix atteints, ce qui provoque un instant de flottement sur les marchés. Les acheteurs, couverts à court terme, préfèrent patienter pour accentuer leur approvisionnement. Si ce constat perdure, la tendance haussière des prix industriels laitiers sera rapidement remise en cause », analyse Anne-Claire Murier, consultante Agritel.

Les prix restent élevés

En France, on attend encore la répercussion des cours élevés du marché mondial. Chargé de l’élevage à la Confédération paysanne, Gérard Durand peste depuis plusieurs semaines sur le manque de réactivité du marché français, craignant que cette hausse n’arrive jamais : « Ça fait des mois qu’on nous dit que les cours mondiaux flambent et les éleveurs français ne voient rien venir ! ». Mais selon Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), s’« il y a une certaine inertie dans nos méthodes de calcul pour des raisons historiques », le délai existe « à la hausse comme à la baisse ».
Pour Anne-Claire Murier, il faut attendre les prochaines enchères néo-zélandaises pour en savoir plus. « Mais, si la baisse se concrétise dans les mois à venir, ça pourrait être un frein à la hausse du prix qu’on attend depuis longtemps ». Elle tempère toutefois les conséquences, car « on a peut-être atteint un plafond, mais on reste sur des prix très élevés et le potentiel de recul est faible. Il n’y a pas véritablement de changement de tendance, seulement un essoufflement à la hausse ».

Des niveaux historiques

Depuis le 16 décembre 2012, les prix néo-zélandais n’avaient cessé de progresser atteignant des niveaux historiques. « Nous avons mesuré des augmentations globales de 11 % pour le beurre, 40 % pour la poudre écrémée et 67 % pour la poudre entière », détaille Anne-Claire Murier.
La sécheresse observée en Nouvelle-Zélande depuis novembre 2012 et, dans une moindre mesure, en Australie, a significativement alimenté les tensions sur les marchés. Les conditions de pâture se sont fortement dégradées et ont entraîné une baisse de la collecte en fin de campagne, commente Agritel. En mars 2013, la collecte néo-zélandaise affichait un niveau 16 % inférieur à mars 2012.
La campagne 2012 a été également difficile en Europe, avec des conditions climatiques très humides qui ont affecté la qualité de pâture. Les éleveurs ont dû faire face simultanément à une augmentation de 5 % du prix des aliments et à une baisse des prix du lait de 4 %. Un « effet ciseau qui n’a pas incité les éleveurs à produire », analyse Anne-Claire Murier, ce qui a participé à la tendance haussière des cours des produits laitiers sur les premiers mois de 2013.

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