Une exposition quotidienne au glyphosate induit des effets « de perturbation endocrinienne » et « altère le développement des fonctions reproductives », selon une étude réalisée par l’institut de recherche privé italien Ramazzini, publiée le 12 mars dans la revue Environmental Health.
Les chercheurs ont administré à deux groupes de rats des doses de glyphosate, le premier recevant du glyphosate pur, et le second du Round’up Bioflow, afin de mesurer l’impact des coformulants présent dans le produit. Les doses ne dépassaient pas les limites d’exposition « admissibles » fixées par les autorités sanitaires américaines à 1,75 mg par kilo de poids corporel par jour. Dans les deux groupes, l’exposition a eu un impact « significatif » sur la « distance ano-génitale » des rats. Ce marqueur de l’exposition à la testostérone est utilisé par les scientifiques pour évaluer les effets de perturbation endocrinienne.
Pour le groupe exposé au Round’up, les mâles et les femelles ont en effet subi une augmentation « significative » de ce facteur. Dans le groupe exposé au glyphosate, cette augmentation a également été observée, mais seulement chez les mâles. Les mâles de ce groupe ont également subi une « augmentation significative » de l’hormone tyroidienne TSH. Dans le groupe exposé au Round’up, on observe au contraire une diminution de la DHT, une substance active de la testostérone. Par ailleurs, l’étude met en évidence une « augmentation de la testostérone » et un « retard de la première chaleur » chez les femelles de ce groupe.
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En 2017, l’Efsa avait conclu à l’absence de perturbation endocrinienne en cas d’exposition au glyphosate. L’agence de santé européenne devra toutefois réexaminer la question dans le cadre de la procédure de réautorisation de la substance, prévue pour être finalisée en 2022. Cette évaluation se fera à l’aune de nouveaux critères sur les perturbateurs endocriniens, adoptés par Bruxelles l’année dernière.
En 2017, l’Efsa avait conclu à l’absence de perturbation endocrinienne