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Alternatives Un marché du biocontrôle en expansion

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Depuis la loi d'avenir, le biocontrôle est en passe d'acquérir une vraie place dans le marché de la protection des plantes. L'association des producteurs de produits de biocontrôle (IBMA) a tenu un colloque sur le sujet à Paris, le 12 février.

Le biocontrôle ne représente aujourd'hui que 5 % du marché de la protection des plantes. L'objectif est de passer à 15 % d'ici 2020, soutient l'association des producteurs de produits de biocontrole (IBMA) lors d'une après-midi sur le biocontrôle, le 12 février à Paris. Pleinement encouragé par les pouvoirs publics, le biocontrôle pourrait devenir plus populaire auprès des agriculteurs dans les années à venir. Depuis la loi d'avenir, les produits de biocontrôle entrent obligatoirement dans le cadre de la protection intégrée des cultures. Ils permettent un « équilibre », entre les produits, la plante et les populations d'agresseurs des plantes.

Afin de donner du poids au biocontrôle, il faut que les agriculteurs puissent utiliser ces produits régulièrement, ce qui n'est pas encore le cas. Pour y arriver, les autorisations de mise sur le marché vont être accélérées. « Des délais spécifiques pour l'évaluation et l'autorisation de mise sur le marché des produits de biocontrôle (article 50 de la loi d'avenir) sont en train de se caler avec l'Anses », confirme Alain Tridon du ministère de l'Agriculture (DGAL). Pour soutenir les agriculteurs pionniers, le député Dominique Potier, l'auteur du rapport Ecophyto 2, va jusqu'à proposer un « accompagnement » pour prévenir les risques économiques encourus par les exploitations et les différentiels de prix qu'il pourrait y avoir pendant la phase de mise en place de traitement par biocontrôle.

Intérêt prononcé des agriculteurs

75 % des agriculteurs et 89 % des conseillers sont intéressés par le biocontrôle, révèle une étude menée par InVivo sur un millier d'agriculteurs et de conseillers et qui sera dévoilée dans sa totalité au Salon de l'agriculture. « Le marché est prêt pour le biocontrôle, on nous demande des produits ! », assure Antoine Poupart, directeur technique chez InVivo. « Mais ces produits sont jeunes, il faut les développer », poursuit-il. En effet, des efforts de recherche et développement sont encore à fournir pour populariser le biocontrôle. « Nous devons réduire les usages de pesticides de synthèse et leur impact négatif tout en maintenant la production agricole et les résultats économiques », commente Hervé Guyomard de l'Inra. L'objectif de la recherche est désormais de travailler dans le cadre d'un partenariat public-privé pour « mieux confronter l'offre de recherche et la demande » pour les produits de biocontrôle, continue Hervé Guyomard.

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Pour utiliser ces nouvelles substances, les conseillers techniques agricoles devront également apprendre à « évaluer et conseiller différemment qu'au quotidien », selon Antoine Poupart. « Préalablement au conseil, il faudra faire des diagnostics agroéconomiques, trouver de la complémentarité, intégrer le biocontrôle dans le référentiel... », continue-t-il.

Un consommateur inquiet

Traiter avec moins de produits phytosanitaires et utiliser des solutions naturelles semble être une idée qui plaît au consommateur. Depuis la crise de la vache folle, celui-ci est visiblement inquiet et le biocontrôle pourrait trouver de bons échos au sein de la population. « On remarque une appétence du consommateur à vouloir moins de produits chimiques. Il est attentif à tout ce qui est “naturel” », constate Pascale Hébel du Crédoc. L'inquiétude porte principalement sur « ce qui n'est pas observable » comme les pesticides, les OGM, etc. La directrice du département consommation du Crédoc explique que, dans l'imaginaire français, le produit bio apparaît comme le meilleur. Alors, « comment faire comprendre qu'il y a d'autres alternatives ? », s'interroge-t-elle. La question est posée. Aujourd'hui, le marché du biocontrôle représente seulement 100 millions d'euros en France, 550 millions d'euros en Europe et 1,6 milliard d'euros dans le monde.