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Ornement Un marché porteur pour l’horticulture

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Alors que le nombre d’exploitations horticoles a diminué de 20% depuis 2006, que la balance commerciale du secteur présente un déficit commercial récurrent, et que le mauvais temps affecte les ventes de 2013, Jean-Pierre Mariné, président du conseil horticole de FranceAgriMer, est confiant pour l’avenir de la filière, appelant à développer les outils de production français pour répondre au marché.

«Il n’est pas trop tard pour planter » des végétaux d’ornement. C’est le message que voulait faire passer Jean-Pierre Mariné, président du conseil horticole de FranceAgriMer, suite à la réunion du conseil spécialisé de la filière des produits de l’horticulture florale et ornementale, pépinières de FranceAgriMer, qui s’est tenue le 5 juin 2013. « Le marché des végétaux d’intérieur se porte bien. C’est un peu plus difficile pour les végétaux d’extérieur, avec de mauvaises conditions climatiques », explique-t-il, estimant les ventes de ce printemps entre 20 et 25% en dessous des chiffres habituels. « Mais le mois de juin peut nous permettre de nous rattraper, encore faut-il que le temps suive et que le consommateur ait encore envie de planter », ajoute-t-il.

La production se maintient malgré un nombre d’exploitations en baisse

Selon les chiffres de FranceAgriMer, le nombre d’exploitations horticoles a diminué de 19% entre 2006 et 2012, passant de 6 144 à 4 980. En 6 ans, le secteur a perdu plus de 5 600 emplois (29 912 en 2006, 24271 en 2012) et plus de 10% de surface. Par contre, la production n’a diminué que de 2,8%, car les exploitations ont grossi : le chiffre d’affaires moyen a progressé de 19%. « Le nombre d’entreprises horticoles continue de chuter. Beaucoup sont des petites exploitations dans les ceintures vertes des villes, où le foncier est élevé, qui n’ont pas de succession », commente Jean-Pierre Mariné. Pourtant, « on ne peut pas dire que la crise nous ait beaucoup concernés jusqu’ici. Peut-être que nos clients ne sont pas touchés, et que les plus touchés ne consommaient déjà pas de végétaux », analyse-t-il.

Une balance commerciale en déficit récurrent

La balance commerciale des produits de l’horticulture fait apparaître un déficit récurrent proche de plus de 840 millions d’euros, même s’il diminue de 2,5%, après une baisse de 13,7% en 2011. L’essentiel des échanges se fait dans le cadre européen, et les Pays-Bas sont de loin le principal fournisseur de la France, avec 64% de la valeur des importations.
Les producteurs français exportent pour 135 millions d’euros, dont la moitié est réalisée par les végétaux d’extérieur d’ornement. Comme pour les importations, c’est avec les Pays-Bas que se fait le commerce (près de 20%).
Malgré ces chiffres, Jean-Pierre Mariné estime que « produire des fleurs en France, c’est beaucoup plus facile que dans d’autres pays, grâce à notre climat ». Selon lui, « il faut que les horticulteurs développent leurs outils de production, le marché est là ».
Pour chercher de la valeur ajoutée, les horticulteurs préfèrent se passer d’intermédiaires. Les ventes au détail sur les exploitations ou les marchés en plein air représentent le premier segment de marché, avec 27% du chiffre d’affaires horticole national. Les jardineries suivent avec 20% des ventes, alors que la grande distribution ne représente que 8%, un chiffre qui stagne depuis 2006.

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