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Bière Un nouveau décret pour prendre en compte les nouvelles recettes

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Un nouveau décret, qui entrera en application au 1er janvier 2017 et remplaçant celui de mars 1992, formalise l’utilisation de différents ingrédients et matières végétales dans la production de nouvelles recettes de bière. Brasseurs de France a dressé un bilan plutôt encourageant du marché de la bière en France qui a retrouvé une certaine dynamique.

À l’issue de son assemblée annuelle du 9 décembre, Brasseurs de France, l’association professionnelle qui réunit 95 % de la production française de bière, a salué la publication du nouveau décret sur la bière au Journal officiel le 17 novembre (Agra Alimentation du 14 juillet 2016). Cette rénovation du dernier décret datant de mars 1992 permet ainsi de prendre en compte les évolutions d’une boisson dont l’essor ne se dément pas, comme en témoigne l’émergence de nombreuses brasseries artisanales. Ainsi en 2016, entre 100 et 150 brasseries ont vu le jour, portant ainsi leur nombre à 1 000 en France, soit un doublement en cinq ans.

Si la recette de base de la bière – une boisson fermentée, obtenue à partir d’un moût préparé avec au moins 50 % de malt de céréales, d’eau et de houblon – ne change pas, le nouveau décret qui sera applicable au 1er janvier 2017 « formalise l’utilisation d’ingrédients déjà en usage dans la profession, tels les herbes aromatiques ou les épices, sous réserve de ne pas apporter leur typicité dans le goût du produit final », indique ainsi le communiqué de Brasseurs de France. Le décret offre également la possibilité d’additionner des matières végétales au-delà des fruits, légumes, plantes stipulés dans le décret de 1992, tel que du miel, ou de boissons alcoolisées « à condition de ne pas augmenter le degré alcoométrique final de plus de 0,5 % en volume ». La bière devra alors porter le nom de « bière à », par exemple Bière au miel. De même, les ingrédients d’origine végétale à propriété colorante, naturels par définition et qui ne sont pas des additifs, « tels que les extraits végétaux, les concentrés de fruits et de légumes, des extraits de fleur » pourront eux aussi être utilisés.

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Retour de la croissance en CHR

Une avancée qui s’inscrit dans « la continuité du Livre Blanc de 2014 », a souligné François Loos, le président de Brasseurs de France. Revenant sur le bilan de l’année, ce dernier a mis l’accent sur « les innovations qui sont une source de la croissance du marché » de la bière. Une tendance susceptible de se maintenir si « la stabilité fiscale et réglementaire est respectée », ont également indiqué les responsables. "Bloqué à 20 millions d’hectolitres par an pendant une dizaine d’années, le marché français a retrouvé le chemin de la croissance et affiche à fin octobre une hausse de 3 % à 20,6 millions d’hectolitres en volumes », a précisé Pascal Chèvremont, le délégué général de Brasseurs de France. Et le CHR perd moins de volume que les années précédentes. De -3 % par an, la baisse de la consommation en CHR est en effet passée à -1 %, selon les chiffres des Brasseurs de France. Pour accompagner la mutation du paysage brassicole français, Brasseurs de France prévoit de mettre en place une marque collective de qualité. « L’objectif est de valoriser le savoir-faire brassicole français et les brasseurs qui investissent en France dans un outil de production pour brasser eux-mêmes, à l’inverse d’entreprises commerciales qui sous-traitent, souvent à l’étranger, en laissant entendre une origine locale de leurs bières », explique le communiqué.