Ne se sentant pas représentés par les syndicats agricoles existants, des éleveurs sont en train de créer le Mouvement national des éleveurs de nos régions, une structure visant à défendre uniquement l'élevage.
UNE nouvelle organisation agricole est en train de voir le jour, dédiée uniquement aux éleveurs : le Mouvement national des éleveurs de nos régions (MNER). « Les grands syndicats sont tenus par les céréaliers, l'élevage n'est pas défendu », assure Philippe Grégoire, président du Mouvement et producteur de lait dans le Maine et Loire.
Face à ce constat, une cinquantaine d'éleveurs issus de plusieurs régions françaises ont décidé de prendre leur représentation en main. C'est la réforme de la Pac qui a été « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase », expliquent-ils : « Les syndicats se sont opposés à la convergence des aides » regrettent-ils, visant la FNSEA mais aussi la Coordination rurale. Selon eux, la volonté de justice de la nouvelle Pac, initialement ambitieuse, a été galvaudée suite aux demandes de la FNSEA. « Il y a des gens compétents à la FNSEA, mais ils n'ont pas le pouvoir : les décisions sont prises par les céréaliers », affirme Philippe Grégoire. Et si la Confédération paysanne met en avant l'élevage, les créateurs du MNER « se reconnaissent moins dans son côté altermondialiste et écologiste ». Car la plupart de ces éleveurs sont issus de la FNSEA : « Nous sommes un peu des dissidents de la grande maison », explique Philippe Grégoire, qui a, pour sa part, eu des mandats locaux dans le syndicalisme majoritaire avant d'être un des fondateurs de l'Association des producteurs de lait indépendant (Apli).
Un partenariat avec le ModefLe MNER compte rapidement faire des propositions concrètes au ministère : « Le dossier le plus important est celui des prix rémunérateurs », expose Philippe Grégoire. Pour porter ses revendications auprès des pouvoirs publics, le MNER a fait un « partenariat » avec le Modef : « Nous avons rencontré des hommes et des femmes qui ont la même vision que nous », explique Philippe Grégoire.
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« Ils sont dans une démarche saine », croit Jean Mouzat, président du Modef. « Ils nous ont contactés, et j'ai rencontré de vrais paysans avec qui on peut donner une vraie force à la revendication syndicale », témoigne-t-il.
« Ce sont des gens issus de la FNSEA, qui se sont tournée vers d'autres organisations et sont sortis déçus », a constaté Jean Mouzat. Pour lui, c'est donc « tout naturellement » qu'ils se sont ensuite tournés vers le Modef, qui défend le même modèle agricole qu'eux. « Ils ont été surpris de rencontrer des gens comme eux », sourit Jean Mouzat, alors que la proximité de son syndicat avec le Parti communiste en rebutait certains. « Nous ne sommes pas des gens avec des œillères, nous sommes des progressistes, et je pense qu'il ne faut pas avoir peur de s'ouvrir, insiste t-il. Si on peut, modestement, leur donner un coup de main et leur permettre de rencontrer des politiques, on le fera ».