Un nouveau procédé de fabrication du biodiesel est actuellement testé à Melle (Deux-Sèvres), a indiqué le 24 février Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. Deux améliorations du système classique sont mises en avant : le procédé n’utilise pas d’adjuvants pétroliers et évite l’étape de la trituration des graines oléagineuses.
Contrairement au procédé classique qui mélange du méthanol, produit pétrolier, à de l’huile, le système testé en Poitou-Charentes emploie de l’éthanol, issu de betterave, de blé ou de maïs. Ce biodiesel est ainsi à 100% d’origine végétale et présente l’avantage d’offrir un nouveau débouché à l’éthanol, produit peu prisé par les pétroliers.
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Pas besoin de trituration oléagineuse
En outre, dans ce procédé, l’étape de la trituration des graines est éliminée. L’éthanol est non pas mélangé à de l’huile, mais directement à des graines broyées. Ainsi, explique Jacques Barbier, ingénieur au centre de recherche Valagro à qui appartient le brevet, il sera possible de produire du biodiesel dans les régions non pourvues d’usines de trituration. Les grandes huileries françaises sont situées soit dans les bassins de production de colza de la partie Nord de la France, soit dans les bassins de production de tournesol au Sud de la Garonne, mais pas entre les deux. En dehors de ces bassins et de ces grands complexes industriels, la fabrication d’ester n’est pas envisageable actuellement, déplore-t-il. Le raccourci industriel du nouveau procédé permettrait de fabriquer de l’ester-carburant dans des régions intermédiaires, c’est-à-dire dans des zones de polyculture-élevage. Après la phase de démonstration, qui durera jusqu’à fin juin, un projet d’usine de 500 000 tonnes de graines (colza ou tournesol) pourrait être lancé, selon les concepteurs du projet. Ces derniers ont fait rouler un véhicule avec le biodiesel produit dans l’usine pilote. Une quinzaine de personnes, détachées par le groupe français de chimie Rhodia, travaillent à la réalisation de ce projet.