Une nouvelle équipe prend place aux côtés de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne. Le syndicat reste mobilisé sur le droit au revenu des agriculteurs, mais aussi au droit à la "décence" dans le cadre des contrôles.
Le comité national de la Confédération paysanne, renouvelé les 12 et 13 avril, s’est réuni à Bagnolet les 31 mai et 1er juin, et a élu son nouveau secrétariat national. Laurent Pinatel a à nouveau été élu porte-parole. Eleveur de bovins viande dans la Loire, ce sera son dernier mandat, a-t-il précisé, car la durée maximum au sein du comité national est de huit ans. Temanuata Girard a été élue secrétaire générale. Éleveuse bio de chèvres et de vaches en Indre-et-Loire, elle fait de la vente directe. Jean-François Périgné est trésorier. Il est mytiliculteur (moules) à Oléron. C’est la première fois qu’un "paysan de la mer", comme il se nomme, entre au sein du secrétariat national de la Conf', ce qui permet d’être en accord avec le retour de la pêche au sein du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Les autres membres du secrétariat national sont Cécile Muret, maraîchère dans le Jura ; Christine Riba, productrice de raisin de table bio dans la Drôme ; Nicolas Girod, éleveur laitier en Comté dans le Jura ; Thierry Jacquot, éleveur de bisons américains et de vaches Herford dans les Vosges.
Décès de Jérôme Laronze : la Conf' se porte partie civile
Parmi les priorités de la Confédération paysanne, il y a une amélioration des conditions des contrôles dans les fermes. Pour le syndicat, le décès de Jérôme Laronze, tué par des gendarmes suite à un contrôle des services sanitaires qui a mal tourné, est l’évènement de trop. Le syndicat a annoncé qu’une information judiciaire allait être ouverte et qu’il allait se porter partie civile, en accord avec la famille. "C’est l’avocate de la Confédération paysanne qui va gérer le dossier", a précisé Laurent Pinatel, porte-parole. "Nous voulons rendre justice à Jérôme Laronze car nous savons, en tant que militant de la Confédération paysanne de son département, qu’il n’était pas l’homme violent que l’on dit", poursuit-il. "Nous pouvons tous "péter un câble" étant donné la manière dont nous sommes broyés par les difficultés financières qui s’accumulent, les lourdeurs administratives, et dans le même temps les retards de paiement des aides Pac", ajoute Cécile Muret. Pour elle, quand les contrôleurs débarquent dans les fermes, ils sont le plus souvent dans un état d’esprit que "l’agriculteur est présumé coupable". "Il faut inverser cela car cette situation exacerbe les problèmes", souligne-t-elle. Laurent Pinatel insiste sur le fait que la Confédération paysanne ne cherche pas à réduire les contrôles, dans la mesure où de l’argent public est versé, "mais cela ne justifie pas de venir à dix gendarmes armés. Nous voulons de décence".
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Autre dossier qui est lié : les retards de paiement des aides Pac. "C’est délirant, insiste Laurent Pinatel. C’est le ras-le-bol généralisé. Les paysans ne comprennent plus rien. Alors qu’ils multiplient leurs engagements vis-à-vis de l’Etat, celui-ci ne paie plus !" Le porte-parole de la Confédération paysanne met en garde : "La pression monte sur le terrain".
C’est d’ailleurs le thème du rapport d’orientation du nouveau comité national qui s’est réuni début juin : "Les raisons de la colère, l’urgence d’un revenu pour les paysans (ne) s". "Nous voulons redonner du sens à notre métier et peser sur les politiques publiques", a insisté Laurent Pinatel qui est plutôt satisfait que le nouveau gouvernement traite l’agriculture par le biais de l’alimentation.
"Nous pouvons tous "péter un câble" lors d’un contrôle Pac car nous sommes le plus souvent présumés coupables"