Lors d’un colloque sur la protection des eaux, Igor Dubus, du BRGM, a présenté le projet européen Footprint. Il constitue une petite révolution dans le domaine de l’évaluation des risques liés aux produits phytos.
«Tout le monde veut en savoir plus sur le programme Footprint ! », s’est réjoui Igor Dubus, coordinateur du programme européen et ingénieur au BRGM, en marge du congrès sur la protection des eaux de surfaces contre les transferts diffus de produits phytos, organisé par l’AFPP (Association française pour la protection des plantes) à Paris les 15 et 16 novembre derniers. Objectif de Footprint : évaluer et gérer les risques de contamination des eaux souterraines et superficielles par les pesticides, en créant trois logiciels. L’un est dédié à l’identification des sources et des voies de transfert des pesticides dans le paysage agricole. L’autre estime les concentrations en produits phytos. Le troisième doit formuler des recommandations pour réduire les contaminations. Aujourd’hui, les ambitions du projet semblent atteintes. Ce qui va permettre de combler un grand vide. Les présentations se succèdent dans les différents pays européens et suscitent beaucoup d’intérêt. « L’approche constitue vraiment une grande innovation », estime Christian Bockstaller, chercheur à l’Inra qui travaille sur la problématique des indicateurs. Il retient notamment la puissance de calcul de l’outil et sa couverture très large.
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42 cultures prises en compte
Quel est le principe ? Se servir des modèles existants, reconnus et validés, puis y injecter un très grand nombre de données relatives aux neuf pays partenaires. « Nous avons développé une caractérisation extensive du milieu agricole européen », explique Igor Dubus. La base de données intègre 42 cultures dans une multitude de contextes. Innovation par rapport aux systèmes existants : Footprint prend en considération les écoulements préférentiels, grâce à l’intégration d’un modèle suédois, utilisé jusqu’alors pour un type de sol très spécifique. Il intègre également les pollutions diffuses et ponctuelles. L’outil a plusieurs destinataires : les agriculteurs et le monde agricole, les gestionnaires de la qualité de l’eau, les pouvoirs publics au sens large. « Dans le cadre de la réduction des utilisations de produits phytos, nous pourrons par exemple mettre un score environnemental sur de nouveaux itinéraires techniques », signale Igor Dubus. Mais attention : ce score ne correspondra qu’à l’impact des phytos sur l’eau. L’indicateur « universel » n’est pas pour demain.