Les producteurs de lait ont signé un Pacte laitier avec les pouvoirs publics, les banques et les assurances pour faciliter la production, alors que le secteur va être dérégulé en 2015, et qu'une chute des prix se profile. Les distributeurs ne sont pas engagés par le pacte. Quant aux transformateurs, ils ne sont engagés que via le Cniel (interprofession laitière) dont ils font partie.
Un Pacte laitier a été signé, le 26 novembre sous l'égide de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), pour « faciliter » la production de lait après la fin des quotas, en 2015. « L'objectif de la FNPL est de simplifier et de faciliter la mise en œuvre des projets des éleveurs laitiers à tous les moments de leur vie d'exploitants agricoles », explique Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Les éleveurs veulent assurer leurs arrières alors qu'ils vont entrer dans une économie dérégulée, avec la fin des quotas laitiers, en avril 2015.
Création d'un observatoire des volumes français
La mise en place d'un observatoire des volumes national a été validée par l'interprofession (Cniel), et sera effectuée via FranceAgriMer. Cet observatoire permettra de disposer d'un éclairage objectif de l'activité de production de la filière.
Par ailleurs, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture, qui gérera l'observatoire national de l'installation et de la transmission, s'engage à intégrer un volet « suivi des volumes laitiers produits » afin de connaître la typologie des nouvelles exploitations laitières au niveau national et régional à compter du 1er avril 2015.
Les organismes bancaires (Crédit mutuel, Crédit agricole, Banque populaire) se sont engagés à faciliter l'accès au crédit, alors que la FNPL estime le besoin de financement des éleveurs entre 800 millions et 1 milliard d'euros par an.
Les assurances Groupama et Pacifica travaillent sur des dispositifs d'assurance pour la couverture des prairies. Un contrat-socle pour ces assurances récolte sera mis en place d'ici l'été 2015, a assuré Stéphane le Foll.
Un logo « Lait collecté et conditionné en France » a été présenté par Syndilait, le syndicat du lait de consommation.
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France Conseil élevage (FCEL), l'Institut de l'Elevage, ainsi que la profession vétérinaire (SNEVEL, SNGTV) s'engagent à « maintenir ce maillage fort sur tout le territoire et à proposer une offre de conseil adapté ». Vivéa s'est engagé à « optimiser encore ses offres de formation (sur l'économie, mais aussi les ressources humaines) ».
« Ce sont des mesures concrètes, qui permettent à l'éleveur de se lancer en étant assuré du soutien de tous les partenaires, amont comme aval », développe André Bonnard, trésorier de la FNPL, assurant que ce Pacte n'est pas un aboutissement, mais « le commencement d'une affaire ».
Des absents de marque
Outre les signataires du pacte, ce sont aussi les absents qui se faisaient remarquer. Dans une filière où les relations commerciales sont exécrables entre producteurs, transformateurs et distributeurs, le pacte, annoncé par Thierry Roquefeuil lors du congrès de la FNPL en mars, semblait avoir pour objectif d'apaiser le climat. « Si certains sont absents du pacte aujourd'hui, je le regrette mais les producteurs de lait ont besoin d'avancer », résume Thierry Roquefeuil. Pour les industriels laitiers (FNIL), ce pacte n'est « pas pour eux, mais pour la production ». Les coopératives (FNCL) se disent présentes au titre de l'interprofession. Des représentants des deux associations étaient tout de même là lors de la signature du Pacte. La distribution était absente.
Avec l'aval de la filière, le climat promet donc de rester tendu. Dans un communiqué du 25 novembre, la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de l'Ouest (FRSEAO) dénonçait le fait que le prix du lait en 2014 sera plus faible que ce que les indicateurs de marchés laissaient espérer. Elle constate un déficit de 5 à 8 €/1 000 litres sur l'année 2014, et un non-respect des contrats entre producteurs et industriels. « Force est de constater que les producteurs sont une nouvelle fois les variables d'ajustement dans une filière où les principales entreprises convergent vers le moins-disant au profit d'une grande et moyenne distribution toute puissante », assène la FRSEAO.
Les producteurs se sont assurés de soutiens pour produire. Ils devront encore travailler pour parvenir à mieux valoriser cette production.