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Un plan d’aides réclamé pour les céréaliers dans le Sud

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L’AGPB (producteurs de blé) a réclamé le 26 juillet des aides pour les céréaliers dans le Sud, touchés par une mauvaise récolte de blé. Dans son combat pour la résilience des exploitations, le syndicat attend aussi « des signes positifs » du gouvernement.

Face à « une situation un peu comparable à 2016 » dans les zones méridionales, l’organisation réclame les mêmes mesures qu’à l’époque, a détaillé le président Philippe Pinta : indemnisation sans décote de la part des assureurs, dérogations aux règles européennes sur les aides Pac, dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti, avance de trésorerie à hauteur de 90 % des aides Pac à la mi-octobre. Les récoltes de blé tendre et blé dur en Occitanie et Paca sont marquées par de faibles rendements et des problèmes de qualité, a précisé Arvalis lors de la conférence de presse.

Sur le plan national, la moisson s’avère « décevante en quantité » mais « la qualité est largement au rendez-vous », selon Philippe Pinta. Arvalis table sur environ 35 Mt de blé tendre (contre 36,6 Mt l’an dernier), ce qui laisse « suffisamment de quantité disponible, notamment en ajoutant les stocks de report 2017, pour permettre de satisfaire les clients ». L’objectif des producteurs est donc de « reconquérir les marchés perdus dans les pays tiers en 2016 et qu’ils ont un peu retrouvé en 2017, année où ils ont surtout exporté dans l’Union européenne ».

Des situations économiques tendues

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Les prix du blé tendre ont, eux, bondi depuis une dizaine de jours, franchissant les 200 €/t sur Euronext, ce qui « redonne un peu de baume au cœur ». « Les situations économiques des exploitations céréalières sont tendues », a souligné le patron de l’AGPB : la récolte catastrophique de 2016 laisse encore des traces. Depuis 2013, « 40 % des agriculteurs céréaliers sont dans le rouge tous les ans ». « Si les prix montent, cela permettra à beaucoup de retrouver de l’oxygène », mais « pour beaucoup, cela restera insuffisant par rapport à l’endettement » créé notamment en 2016, a insisté Philippe Pinta.

Un contexte dans lequel l’AGPB porte son action sur la résilience des exploitations céréalières, plus particulièrement la compétitivité et les distorsions de concurrence. L’organisation souhaite obtenir la reconnaissance du fait « que les productions de grandes cultures font vraiment partie de l’économie de ce pays ». « On attend des signes positifs du gouvernement », a déclaré Philippe Pinta. Les sujets d’inquiétude ne manquent pas, entre la Pac soumise à une baisse de budget et une renationalisation, le projet de loi issu des États généraux de l’alimentation avec lequel « on ne verra rien augmenter au niveau des prix, et des charges qui vont continuer d’augmenter ». En amont de la rencontre d’Emmanuel Macron avec les syndicats agricoles, le 20 juillet, l’Élysée a insisté sur sa volonté de donner la possibilité aux agriculteurs de renforcer l’épargne de précaution dans le cadre de la Pac, un sujet cher à l’AGPB qui espère que cette mesure sera incluse dès le projet de loi de finances 2019.

« On attend des signes positifs du gouvernement »