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Faune sauvage Un plan de maîtrise du sanglier d’ici fin juin

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Face à l’aggravation et à la multiplicité des dégâts causés par les sangliers, un plan national de maîtrise de l’espèce est en préparation, à la demande du ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo. Les préfets départementaux seront la cheville ouvrière du nouveau dispositif. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage est mobilisé.

Dix mille collisions routières en 2008, 30 millions d’euros d’indemnisations versés chaque année aux agriculteurs… Les dégâts provoqués en France par les populations de sanglier préoccupent sérieusement les pouvoirs publics. De fait, « dans quelques secteurs, les chasseurs ne semblent plus en mesure de contrôler la situation », reconnaît l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). « A certains endroits, ça peut être (considéré comme) un constat d’échec de la politique des fédérations départementales de chasseurs », souligne Jean-Pierre Poly, le directeur général de l’Office. « Peut-être que le chasseur n’a pas assez anticipé, mais peut-être aussi que l’agriculteur ne l’a pas assez informé », tempère Henri Sabarot, vice-président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et président de l’établissement public depuis janvier 2009.

Borloo veut des résultats

Pour faire face à la situation, les pouvoirs publics ont lancé l’élaboration d’un plan national de maîtrise du sanglier qui devrait être finalisé d’ici la fin du mois de juin. Ce plan fournira aux préfets une « boîte à outils » pour contenir et réduire les populations de sangliers dans les départements les plus touchés. Des fiches opérationnelles (agrainage…) sont en préparation à l’ONCFS. L’ensemble sera « peut-être assorti de mesures réglementaires nouvelles » et « il y aura une instruction du ministre très ferme auprès des préfets » pour obtenir des résultats, a averti le directeur général de l’ONCFS. C’est sous l’autorité du préfet et « par le dialogue et le consensus » au niveau local qu’il sera décidé si les dégâts provoqués par les sangliers sont excessifs, explique Pierre Migot, directeur des études et de la recherche à l’ONCFS. A l’heure actuelle, la question du seuil reste ouverte. En tout état de cause, c’est au niveau de chaque département que la réduction des populations de sangliers sera décidée. Le plan pourrait être lancé sur une période de deux ans.

6 à 7 loups abattus en 2009 ?

La conférence de presse organisée par l’Office le 6 mai pour présenter son contrat d’objectifs 2009-2011 (voir encadré) a également été l’occasion de faire un point sur plusieurs dossiers d’actualité. Jean-Pierre Poly a confirmé que 10 départements seront prochainement choisis pour expérimenter le rapprochement des services départementaux de l’ONCFS et de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques), sous l’autorité du préfet. Objectif : tester la mise en place d’une police de l’environnement, de la nature et de l’eau « mieux coordonnée », avant de la généraliser à compter de 2011.

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Concernant le dossier des espèces nuisibles – et suite à la volte-face de Jean-Louis Borloo sur le déclassement de la belette et de la martre –, la mission parlementaire confiée au député Pierre Lang (UMP-Moselle) sur la notion de « nuisible » devrait rendre son rapport « courant juin ». La gestion du loup, quant à elle, ne devrait pas connaître de grandes modifications : l’abattage de 6 ou 7 individus pourrait être décidé en 2009, dans la lignée des objectifs de l’année dernière, mais pour l’heure aucun arrêté interministériel n’est encore sorti.

Enfin, interrogé sur la remise en culture de nombreuses jachères depuis deux ans, l’ONFCS a minimisé l’impact de ces réorientations agricoles sur la faune sauvage. « Ne pleurons pas sur les jachères », a expliqué Michel Reffay, le directeur des Actions territoriales à l’Office. « Qu’il s’agisse des bords de champs, des bords de chemins, des haies, ou des bords de cours d’eau etc., tout cela concourt à la protection de la biodiversité de manière beaucoup plus efficace que les jachères. Avec 3% d’éléments fixes sur le territoire, on est efficace » a-t-il poursuivi. Et de conclure : « On substitue volontiers à la pensée unique de la jachère, une vision plus générale ».