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Médecine vétérinaire Un plan de réduction de 25% en 5 ans des antibiotiques en élevage

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Pour lutter contre l’apparition de résistance aux antibiotiques en santés humaine et animale, un plan de réduction de 25% en cinq ans de l’utilisation de ces molécules en médecine vétérinaire vient d’être lancé.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 17 novembre, à la veille de la journée européenne de l’antibiorésistance, un plan de réduction de 25% de l’utilisation des antibiotiques chez les animaux d’ici cinq ans. « C’est très ambitieux », prévient Jean-Luc Angot, chef des services vétérinaires et directeur adjoint de la DGAL. Le principal objectif est de préserver l’efficacité des antibiotiques, aussi bien pour les animaux que pour les humains, en évitant l’apparition de résistances. C’est d’autant plus important que depuis quelques années les découvertes de nouvelles molécules se font de plus en plus rares. « L’arsenal thérapeutique en médecine vétérinaire est un bien public », résume Jean-Luc Angot. L’enjeu est de taille, en effet on estime que 75% des maladies émergentes humaines sont d’origine animale. Dans un communiqué, Bruno le Maire indique que ce plan « permettra de renforcer la confiance des clients de l’agriculture française et la durabilité des systèmes de production ».

Limiter l’usage des antibiotiques « critiques »

Le dispositif se décline par espèces. Deux filières sont particulièrement visées : les élevages porcins et avicoles. Rapporté à leur poids, les espèces qui consomment le plus d’antibiotiques sont les animaux domestiques, suivis des lapins, des volailles, des porcs et des veaux. Entre 2007 et 2010, l’exposition des animaux d’élevage aux antibiotiques a déjà baissé de 12,2%. Mais, parallèlement, les ventes de molécules récentes comme les fluoroquinolones et les céphalosporines de 3e et 4e génération ont fortement augmenté. Et justement, une des actions fortes proposées par le plan est la limitation voire l’interdiction d’utilisation des antibiotiques dits critiques, car essentiels pour la médecine humaine, que sont les céphalosporines et les fluoroquinolones. « L’usage inconsidéré des fluoroquinolones dans les élevages avicoles en Egypte explique l’apparition d’une souche de Salmonella Kentucky résistante à ces molécules », souligne Jean-Luc Angot.

Développer des alternatives

En région, des comités de la politique sanitaire vont être installés afin d’assurer une bonne coordination entre tous les acteurs locaux. Aucun budget spécifique ni sanction ne sont pour l’instant prévus. Le dispositif repose sur cinq axes principaux et une batterie de 40 mesures. Premier axe : développer des actions de promotion des bonnes pratiques auprès des vétérinaires et des éleveurs. La SNGTV (Société nationale de groupements techniques vétérinaires) va notamment rédiger un guide et organiser des formations. Deuxièmement, des travaux de recherches vont également être menés afin de développer des alternatives comme les vaccins par exemple. Le troisième aspect du plan prévoit notamment de renforcer l’encadrement des pratiques commerciales en limitant les marges des vétérinaires qui sont à la fois prescripteurs et vendeurs de médicaments. Un décret allant dans ce sens va être publié au début de l’année 2012. Un volet conséquent est consacré au renforcement du dispositif de suivi de la consommation d’antibiotiques. Ce travail est confié à l’Anses (agence de sécurité sanitaire) qui doit rendre un rapport complet en 2013. « En fonction de ces résultats de suivi, le plan peut évoluer », indique Jean-Luc Angot. Au-delà de l’aspect quantitatif, des indicateurs qualitatifs vont également être suivis pour juger de l’efficacité du plan. Enfin, pour lutter efficacement contre l’apparition de ces résistances une coordination européenne, et même mondiale, est nécessaire. La France est pour l’instant le seul pays d’Europe à avoir lancer un plan de cette ampleur mais des discussions sont en cours. Le commissaire européen à la santé des consommateur a présenté d’ailleurs, le 17 novembre, 12 recommandations pour lutter contre les antibiorésistances en santé humaine et animale.

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