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FNB Un plan de relance de la production bovine en France

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L’assemblée générale de la FNB (Fédération nationale bovine) se tiendra à Brumath les 8 et 9 février prochains. Pierre Chevalier, président de la FNB a annoncé les orientations du plan de relance de la production bovine lors d’une conférence de presse à Paris le 24 janvier.

«La relance de la production bovine en France est un enjeu stratégique », lançait Pierre Chevalier, président de la FNB (Fédération nationale bovine), lors d’une conférence de presse qui se tenait à Paris le 24 janvier. L’occasion d’annoncer les principaux thèmes qui seront étudiés lors de l’AG de la FNB qui se tiendra le 8 et 9 février. Ils s’organisent autour d’un plan de relance de la production bovine. En premier lieu, la question démographique rassemble et préoccupe tous les maillons de la filière. « En 2014, 52% des exploitants auront plus de 50 ans et moins de 20% moins de 40 ans », alerte Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB. Mêmes inquiétudes au SNIA (industriels de l’alimentation animale) et au SNIV-SNCP (entreprises françaises des viandes). L’intérêt commun reste de « préserver le potentiel de production et de relancer une dynamique de renouvellement et de modernisation des exploitations », selon les termes de la FNB. Les professionnels de l’élevage appellent à la création d’un groupe de travail réunissant les professionnels, les pouvoirs publics et les établissements bancaires. L’objectif est de revoir les modalités de financement des investissements, notamment des jeunes souhaitant s’installer.

Alléger le réglementaire
La relance passe aussi par une évolution des contraintes réglementaires qui, en l’état, pèsent sur la réactivité des éleveurs. « L’obligation de maintien des surfaces classées en prairies permanentes est un non-sens sur le plan agronomique et sur le plan économique », affirme-t-on à la FNB. Le sujet de l’autonomie en fourrages, en céréales et en protéines végétales sera décisif pour donner aux éleveurs les moyens de s’adapter aux signaux du marché et du contexte économique global. En outre, la FNB propose d’insérer les prairies permanentes dans les rotations, notamment dans le cadre du verdissement des aides Pac. Par ailleurs, le relèvement des seuils IPCE (installation classée pour la protection de l’environnement) de 400 à 800 places est demandé par la FNB. « Ce ne sont pas des feed lots ! », lance Jean-Pierre Fleury. Pour la fédération, cette mesure permettrait de « faire vivre plus d’actifs ». Même certitude concernant la taxe sur le foncier non bâti : « C’est un impôt complètement dépassé ». La FNB demande son exonération pour alléger les charges des éleveurs.

Refaire du développement
« La Pac nous a fait faire de la réglementation. Il est temps de refaire du développement dans les exploitations », clame-t-on à la FNB. Les professionnels placent la maîtrise des coûts de production comme prioritaire. Un groupe stratégique s’est déjà mis en place avec FranceAgriMer pour étudier en grandeur nature les coûts de production sur les exploitations. En outre, la fédération souhaite que les financements accordés par les contrats de Plan Etat-Région soient renforcés pour favoriser l’accès à des formations sur les coûts de production en systèmes viande bovine. Selon la FNB, « il est temps que les éleveurs s’approprient les coûts de production ». Parallèlement à cela, le développement de la contractualisation entre les éleveurs et les abatteurs donnerait une visibilité au maillon de la production. Dans les futurs contrats, les coûts de production devront faire partie intégrante des clauses pour déterminer une fourchette de prix. « Il faut accélérer la sécurisation de la production », explique Dominique Langlois, président d’Interbev (interprofession bovine). Dans un premier temps, les efforts sont concentrés sur la contractualisation dans les filières des jeunes bovins et des génisses. L’objectif est aussi de « favoriser l’adéquation offre-demande ». La production nationale doit répondre à la demande exprimée par les consommateurs français.

Trouver l’équilibre entre marché export et marché intérieur
Parallèlement à la relance de la production sur le marché intérieur, les efforts sont à poursuivre pour l’export vers les pays riers. « Sans l’export en vif, les industriels se seraient contentés de prix plus bas », assure Guy Hermouët, vice-président de la FNB en charge des activités d’export de viande du GEF (groupement export France). L’équilibre entre marché à l’export et marché intérieur attise les désaccords entre les maillons de la filière. La filière française est en train de reconquérir des parts de marché à l’export hors UE qu’elle avait perdu avec les crises sanitaires de ces dernières années (ESB, FCO, fièvre aphteuse). « Il y a énormément de pays où l’on manque encore de certificats. C’est le cas de la Lybie par exemple », explique Patrick Bénézit, vice-président de la FNB en charge des activités d’export en vif du GEF. Le soutien à l’export permet de diversifier les débouchés et de minimiser les risques pour les éleveurs. Parallèlement, la filière n’occulte pas la situation fragile dans laquelle se trouvent les abatteurs français. « La surcapacité d’abattage en France engendre des coûts pour la filière ». Alors que le SNIV-SNCP (entreprises françaises de la viande) se refuse à intégrer le GEF et pointe du doigt l’assèchement des établissements d’abattage français, la FNB est convaincue que la revalorisation des prix payés aux producteurs permettra de maintenir une production sur le territoire national. L’amont de la filière se tourne de nouveau vers les industriels pour avancer sur le sujet de la contractualisation en aval et vers la distribution pour obtenir de la transparence sur la valeur de leurs marges.

Travailler avec Bruxelles
« Nous proposons des nouvelles références basées sur l’effectif du cheptel actuel. Nous allons le faire sur les hectares, pourquoi pas sur les animaux ? », s’interroge Jean-Pierre Fleury. A défaut de maintenir la PMTVA (prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes), la fédération demande une aide couplée de 200 euros/tête sur la base des nouvelles références. De fait, un taux de recouplage supérieur au 10% proposé par la Commission européenne est indispensable. Par ailleurs, le zonage ICHN (indemnités compensatoires de handicaps naturels) proposé par Bruxelles mérite révision. « Tels que définie, la nouvelle zone ICHN incluerait une région comme la Champagne et exclurait des zones d’élevage. C’est absurde ». Par ailleurs, dans le domaine de la gestion des marchés et des crises, la FNB demande « le cofinancement par les crédits communautaires des caisses de sécurisation de marges ». Ce dispositif doit être effectif pour l’ensemble des éleveurs souhaitant contractualiser. Concernant la gestion des risques climatiques, le projet d’assurance-climat étant au point mort, la FNB demande aux autorités bruxelloises un cofinancement européen (à hauteur de 65%) du dispositif actuel de calamités agricoles.

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