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Crise/Filière porcine Un plan stratégique en quatre points pour la filière porcine

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Plus de trente représentants des éleveurs producteurs, transformateurs (abattoirs-découpe et charcutiers), fabricants d’alimentation pour animaux, distributeurs et syndicats concernés par la filière porcine étaient réunis le 30 octobre autour de Stéphane Le Foll et Guillaume Garot. Ces derniers ont chargé Alain Berger, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l’agro-industrie de piloter les travaux pour proposer un plan stratégique national pour la filière qui sera présentée fin janvier 2013.

«C’est une première étape vers l’élaboration d’un pacte économique, social et environnemental pour la filière porcine en France dans sa globalité », a estimé le ministre de l’Agriculture à l’issue de la table ronde. Guillaume Garot a ajouté: « C’est à tous les niveaux qu’il faut agir : la production, l’abattage, la transformation, les stratégies de marché. » Quatre groupes de travail ont été annoncés pour quatre enjeux stratégiques :
– Maintenir la production en quantité tout en améliorant son impact environnemental
Les deux ministres ont rappelé la mobilisation du gouvernement pour la mise aux normes des élevages, à hauteur de 40 millions d’euros en 2012 : 25 millions étaient prévus initialement, 10 millions supplémentaires ont été annoncés au Space et 5 millions d’euros s’ajouteront encore dès 2012. En 2013, ce soutien à la modernisation sera poursuivi.
– Affronter ensemble la surcapacité dans le secteur abattage découpe, via une concertation spécifique entre les acteurs concernés, dans des délais très rapides compte tenu de l’urgence de la situation, insiste le ministère
– Renforcer le secteur de la transformation, en abordant les difficultés dans les relations commerciales tout au long des filières agricoles jusqu’à la grande distribution. Ce point sera à l’ordre du jour de la table ronde structurelle du 21 novembre. La Banque publique d’investissement et les Régions pourront être mobilisées.
– Mieux vendre en renforçant les stratégies de marché. Cela passe par une reconquête des marchés français et européens, développer l’export vers les pays tiers, en visant à combiner qualité et production de masse et répondre aux attentes des marchés.

Réaction plutôt positive des industriels

Les premières réactions sont plutôt positives au sein de la Fédération des industries de la charcuterie et traiteurs qui salue « la volonté des ministres d’agir au niveau de la valeur ajoutée dans la filière porcine ». Selon Catherine Goavec, déléguée générale, « une réunion se tiendra la semaine prochaine avec les industriels. La FICT demandera la mise en place d’une clause de révision des prix des pièces à la découpe». Si la FICT a insisté sur l’urgence de trouver des solutions à moyen terme, la solution actuelle demande également des solutions plus immédiates. Une date importante pour le secteur sera également la réunion que tiendront le 21 novembre prochain les industriels et les représentants de la grande distribution. Pour la FICT, ces derniers devront donner des gages de leur bonne volonté dans le cadre des renégociations annuelle sur les prix avec les industriels. De même, Paul Rouche, directeur délégué du Sniv-SNCP se félicite que les deux ministres aient « pris conscience de la crise en aval dans l’abattage et la découpe de l’industrie porcine, notamment dans le grand Ouest, grand employeur de main d’œuvre ». Le syndicat industriel déplore que la grande distribution demeure centrée sur sa volonté de défendre des prix bas à la consommation. « Il est impossible pour les abattoirs d’investir dans la recherche et l’innovation quand le secteur perd 100 millions par an ». L’autre point noir soulevé par le Sniv-SNCP tient à la distorsion de concurrence dans les salaires, notamment avec l’Allemagne et les lourdeurs administratives de l’administration ». Les industriels souhaitent également une plus grande différenciation des produits français, en frais ou transformés, afin d’identifier clairement les produits d’origine France, y compris les MDD et mettent davantage en valeur la qualité des produits nationaux.

Tout comme des syndicats agricoles et employés

« Je tiens à souligner l’urgence d’aboutir sur ces dossiers-là » parce qu’il « y a réellement la crainte d’une catastrophe au niveau industriel, dans la filière porcine en France dans les semaines ou les mois qui viennent », a prévenu Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). « Depuis des années, faute de rentabilité, les éleveurs n’ont pu investir : leurs outils de travail et leurs bâtiments vieillissent. La filière doit sortir de cette ornière rapidement», insiste de son côté la Coordination rurale. La FGTA-FO, fédération FO des travailleurs de l’agriculture et l’alimentation, exprime pour sa part dans un communiqué « sa satisfaction » de voir que « les pouvoirs publics s’emparent de la crise porcine ».

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