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Production bovine Un but pour la FNB : augmenter les prix pour mieux rémunérer les éleveurs

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Pour que les éleveurs puissent faire face à la hausse de leurs coûts de production, la Fédération nationale bovine a annoncé le 18 janvier une inévitable augmentation du prix de la viande au consommateur (+10%). De même, la conquête des marchés des pays tiers, au travers d’un GIE export, permettra de tirer les prix vers le haut.

«S’il n’y a pas de possibilité de prendre sur les marges de la distribution et des industriels pour les producteurs, le prix de la viande bovine [au consommateur] doit augmenter de 10% », s’est exclamé Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB). Lors d’une conférence de presse le 18 janvier, il a précisé que ces 10% correspondent « au rattrapage de la hausse des coûts de production de ces 10 dernières années » dans les élevages. Cette hausse serait immédiate, selon Pierre Chevalier, car « il y a urgence » pour les producteurs. Elle correspondrait au +0,6€/kg carcasse demandé en juin 2010 par la FNB et serait validée à la suite d’un « accord direct entre les distributeurs et les éleveurs ». En parallèle, Pierre Chevalier a annoncé la volonté de la FNB de créer un groupement d’intérêt économique (GIE). Le but : se rassembler pour faciliter les exportations de viande (en carcasse et désossée) afin de profiter de la demande des pays tiers en plein boom et d’éviter une concurrence interne. Il constate, attristé, que « les entreprises françaises s’auto-suffisent de la production en France sans chercher les marchés à l’extérieur […] et cela sclérose les prix à la production ». Des entreprises « sans ambition » et « sans volonté d’export » qu’il qualifie de « gagne-petit », au risque de « conduire à la faillite tout un pan de l’élevage. »

L’export, un contrepoids face à la distribution

« Ce GIE va forcément perturber la filière », note Pierre Chevalier. Il devrait être créé en interprofession et si tel n’était pas le cas, il « sera financé comme une entreprise », explique Guy Hermouët, vice-président de la FNB, qui rappelle que l’export « est un métier ». Par ailleurs, développer ces marchés permettra de renégocier les prix avec la grande distribution. « Si elle n’accepte pas la viande, elle sera partie à l’étranger », relève-t-il. En vif, les exportations risquent de ralentir au printemps car la FCO pourrait resurgir. Avec une multiplication par 3 du prix du vaccin et une trésorerie mise à mal, seuls 30% du cheptel ont été vaccinés contre la maladie. Une situation bien dommageable pour une France « compétitive » à l’export sur ce secteur du vif. Quant aux importation, Jean Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB, a fait part de la préparation d’une offre de quota de la part de la Commission européenne envers le Mercosur, qui devrait sortir au premier trimestre 2011. Le Mercosur réclame la possibilité d’exporter 400 000t de viande bovine de plus vers l’Europe, à droits réduits. La Commission réfléchit plutôt à un quota de 250 000t.

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