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Commission européenne Un président de la Commission plus vigilant sur le libre-échange et les OGM

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Jean-Claude Juncker a assuré, devant le Parlement européen, que son intention, en tant que prochain président de la Commission de Bruxelles, était notamment de rester vigilant sur les questions de libre-échange et de réexaminer la législation sur les autorisations d'OGM. Des dossiers marqués jusqu'ici par l'orientation très libérale de l'actuel détenteur de la fonction, José Manuel Barroso.

AVANT d'être élu par le Parlement européen à la présidence de la Commission de Bruxelles (1), le 15 juillet, Jean-Claude Juncker, le candidat des dirigeants des Vingt-huit, a exposé aux députés son programme qui prévoit la présentation, durant les trois premiers mois de son mandat qui débute en novembre, d'un « paquet pour l'emploi, la croissance et l'investissement afin de générer 300 milliards € supplémentaires d'investissements en Europe sur les trois prochaines années ».

L'ancien premier ministre luxembourgeois a aussi assuré qu'il allait « modifier » la législation sur les OGM et n'accepterait pas un accord de libre-échange avec les Etats-Unis conclu « à n'importe quel prix ».

Une législation qui n'est « pas normale »

Selon les termes de son « programme pour l'emploi, la croissance, l'équité et le changement démocratique », Jean-Claude Juncker a « l'intention de réexaminer la législation applicable à l'autorisation des organismes génétiquement modifiés ». Il « ne considère pas normal qu'en vertu des règles actuelles, la Commission soit juridiquement forcée d'autoriser l'importation et la transformation de nouveaux organismes même lorsqu'une majorité claire d'États membres s'y oppose ». Le démocrate-chrétien luxembourgeois estime que « la Commission devrait pouvoir conférer à la position majoritaire de gouvernements démocratiquement élus au moins autant de poids qu'aux avis scientifiques, notamment lorsqu'il en va de la sécurité des aliments que nous consommons et de l'environnement dans lequel nous vivons ».

La sécurité alimentaire « non négociable »

« Je veux que l'accord commercial avec les États Unis soit raisonnable et équilibré, mais je ne sacrifierai pas la diversité culturelle de l'Europe. Je ne sacrifierai pas nos normes sanitaires, de santé, sociales, et de protection des données sur l'autel du libre-échange » (2), a également assuré le futur président de la Commission devant le Parlement européen.

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« Notamment, la sécurité alimentaire et la protection des données personnelles seront pour moi non négociables, précise-t-il dans son programme. Je n'accepterai pas non plus que la juridiction des tribunaux des États membres de l'UE soit limitée par des régimes spéciaux applicables aux litiges entre investisseurs. L'État de droit et le principe de l'égalité devant la loi doivent s'appliquer aussi dans ce contexte ».

Jean-Claude Juncker a aussi affirmé qu'aucun nouveau pays ne rejoindrait l'UE au cours des cinq ans de son mandat, même si celle-ci doit à terme s'ouvrir aux Etats des Balkans. « Nous devons achever le marché intérieur des biens et des services et en faire un tremplin pour nos entreprises afin de prospérer dans une économie mondialisée, également en ce qui concerne les produits agricoles », précise-t-il par ailleurs dans son programme.(FXS)

(1) et (2) Voir même numéro