Un projet de loi sur le patrimoine naturel devrait voir le jour en 2006, a annoncé Philippe Caron, conseiller technique de Serge Lepeltier, en clôture d’un colloque sur la gestion durable des espèces animales organisé par l’Office de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), le 17 novembre.
L’objectif est de réviser le statut des espèces afin de « sortir de la vision manichéenne, entre vache sacrée et extermination radicale», explique le représentant du ministre de l’Ecologie. Dans le futur texte, les notions d’« habitat » et de « gestion » devraient être particulièrement prises en compte dans la définition du statut des espèces. « Aujourd’hui, on a tendance à regarder les espèces comme si elles n’habitaient nulle part », explique Jean-Marc Michel, directeur de la nature et des paysages au ministère de l’Ecologie. « Pour garantir l’avenir d’une espèce, poursuit-il, il ne suffit pas de l’inscrire sur une liste, mais de travailler au quotidien à son profit, avec les usagers du territoire, et au-delà des 3% d’espaces naturels actuellement dédiés à leur protection ».
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Maintenir la biodiversité dans les territoires « ordinaires »
Ces annonces vinrent clore trois jours de débats consacrés aux « gestions durables des espèces animales ». Parmi les conclusions rapportées à la fin du colloque, on notera celles-ci : tout d’abord, la déprise agricole peut avoir un effet négatif sur le maintien d’espèces sauvages. Ainsi, le recul du pastoralisme dans certaines zones, et la colonisation forestière qui s’y substitue, peut détruire certains biotopes et être néfaste à certaines espèces, comme la cigogne noire par exemple. De même, la raréfaction de certaines espèces d’oiseaux – tels que les tétras – est beaucoup plus à mettre sur la dégradation des habitats que sur la chasse. Plusieurs intervenants ont également souligné la nécessité de maintenir la biodiversité dans les territoires « ordinaires » et de ne pas cantonner ce type de politique à des espaces spécifiquement protégés.