Quelles sont les campagnes des gouvernements des Etats membres de l’UE encourageant les gens à manger plus sainement qui se sont révélées efficaces ou non contre les problèmes d’obésité ? Quelles sont les raisons de leurs réussites ou de leurs échecs ? C’est à ces questions hautement sensibles aujourd’hui que devra répondre un nouveau projet de recherche financé par l’UE mené par l’université de Reading au Royaume-Uni.
Regroupant neuf partenaires, le projet « Eatwell » («Interventions to promote healthy eating habits: evaluation and recommendations») est financé à hauteur de 2,5 millions d’euros au titre du thème «Alimentation, agriculture et pêche et biotechnologie» du 7 ème programme-cadre de recherche de l’UE. D’une durée de trois ans, il est chargé d’étudier la façon dont le secteur public peut promouvoir une alimentation saine auprès du public ainsi que les obstacles rencontrés dans les différents Etats membres. Parmi les politiques analysées, l’équipe de l’université s’interrogera notamment sur l’effet de l’interdiction des publicités télévisées pour les produits trop gras et trop sucrés aux heures des programmes pour enfants, sur les différentes campagnes en faveur de la consommation de fruits et légumes, sur l’étiquetage des aliments et les opérations d’éducation alimentaire développées pour les cantines scolaires notamment. Comment ont réagi les consommateurs ? Quel a été l‘impact de ces campagnes sur la santé et notamment l’obésité constatée ?
Jusqu’à 7 % des dépenses de santé
Les chercheurs de l’Université d’agriculture de Reading estiment que l’obésité, « en partie due aux choix alimentaires », représente désormais entre 5% et 7% de la totalité des dépenses de santé dans l’Union européenne. En plus de son impact sur le développement de l’obésité, un régime alimentaire de mauvaise qualité, soulignent-ils, « contribue directement au développement de toute une gamme de maladies évitables qui ne font que rajouter aux dépenses liées aux soins de santé ».
Pour les services de soins de santé en UE, ces dépenses s’élèveraient à environ 70 milliards d’euros par an et engendrent fatalement une perte de productivité. L’alimentation riche en glucides, en lipides et en sel du Royaume-Uni, « qui est réputé pour ses régimes alimentaires les plus déplorables d’Europe de l’Ouest », dixit les chercheurs, « est directement responsable de la vague d’obésité connue tant chez les adultes que chez les enfants » et elle contribue à une variété d’autres maladies liées au régime alimentaire, « notamment le diabète et les maladies cardiovasculaires ». Au total, environ 70.000 citoyens britanniques décèderaient prématurément chaque année en raison d’une maladie liée à l’alimentation. « Dans le cas du Royaume-Uni, les mauvais choix alimentaires de ses habitants se traduisent par une augmentation des coûts du service national de santé pour tous », selon Bruce Traill, professeur en économie alimentaire à l’université de Reading. « Mis à part le fait d’essayer de sauver des vies en encourageant une alimentation plus saine, une intervention gouvernementale en la matière agirait au profit de tous. Notre recherche se penchera sur la gamme d’interventions politiques qui ont été effectuées dans les pays de l’UE et partout ailleurs par le passé. Nous souhaitons particulièrement déterminer comment l’expertise marketing du secteur privé pourrait être adoptée de façon efficace par des campagnes d’alimentation saine menées par le service public. »
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Parmi les précédentes politiques gouvernementales de l’UE sur l’alimentation figuraient l’interdiction des publicités télévisées durant les programmes pour enfants sur la « junk food » (produits alimentaires ne présentant aucune qualité nutritionnelle), la promotion de la consommation de fruits et légumes, la création d’un modèle d’étiquetage des aliments et une amélioration des repas proposés dans les cantines scolaires et dans le secteur public afin d’encourager les enfants et les adultes à faire des choix alimentaires plus sains.
Toutes les données intéressantes sur les précédentes initiatives consacrées à une alimentation saine seront cataloguées par les chercheurs de Eatwell et en particulier la façon dont les consommateurs ont réagi à ces dernières ainsi que l’impact de ces initiatives sur l’obésité et les niveaux de santé. Les conclusions seront présentées aux États membres de l’UE et à la Commission européenne.