Les professionnels et le ministère de l'Agriculture travaillent actuellement sur un protocole d'intervention en cas d'épidémie de fièvre catarrhale ovine (FCO) sur le territoire. Présent en Espagne et en Italie, la maladie peut se redévelopper en France avec la multiplication du moustique vecteur en lien avec les hausse de températures.
Avec l'arrivée des chaleurs, le risque de voir apparaître des foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO) en France se profile. Cantonnés à l'Italie et au sud de l'Espagne, des foyers de FCO pourraient se développer sur le territoire à la suite d'échanges d'animaux cet été, obligeant la France à sortir de son statut « indemne ». Hélène Guis, chercheuse au Cirad, ne pense cependant pas que « l'activité des culicoïdes, moustiques vecteurs de la maladie, ait repris en mars ». Pourtant, le risque « reste réel », estime Isabelle Tourette, vétérinaire conseil à GDS France. Un cas, fin avril, de taureaux infectés, importés d'Espagne pour la corrida, a déjà été détecté dans le sud de la France. Ils ont été abattus depuis, mais tout un protocole sanitaire a été mis en place (visites vétérinaires des élevages proches, tests de séropositivité, désinsectisation…). En 2014, l'épidémie s'est propagée de la Grèce à onze pays des Balkans. « Par ordre chronologique, les foyers ont été déclarés en Bulgarie en juillet, puis en Macédoine, en Albanie, en Serbie, en Roumanie et en Turquie en août. En octobre, les foyers ont été déclarés en Bosnie-Herzégovine, en Croatie et en Hongrie », estime une étude de sept chercheurs du Cirad, de l'Inra et de l'Anses (1). Le BTV-4, une « souche » de FCO, est à l'origine de cette épidémie. En Italie, une autre souche circule également, le BTV-1.
Quelle sera la stratégie vaccinale d'urgence ?
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En Italie et en Espagne, la vaccination est obligatoire dans certaines zones du pays contre le BTV1 et/ou le BTV-4. L'étude rappelle la rapidité de progression de la maladie et surtout que « le cheptel français est immunologiquement naïf vis-à-vis du BTV-4 ». Si jamais ce dernier arrivait en France, une propagation rapide de la maladie serait de fait à prévoir. Reste à l'État de décider d'un protocole à suivre en cas d'épidémie, un sujet en cours de discussion avec les instances professionnelles. Un comité de pilotage doit avoir lieu le 1er juin prochain. L'obligation d'une vaccination généralisée obligerait la France à sortir de son statut indemne avec des conséquences importantes sur les échanges commerciaux, d'où la difficulté de choisir une stratégie appropriée. Pourtant, selon l'étude précédente, « il ne fait aucun doute que la vaccination reste, à l'heure actuelle, le seul moyen réellement efficace de lutte contre la FCO. Les traitements insecticides des animaux permettent au mieux de limiter la transmission et de ralentir la diffusion, sans la stopper ». De son côté, pour la Belgique, le comité scientifique de l'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a déjà donné un avis le 21 novembre 2014. Il « propose de lancer une campagne de vaccination générale une fois qu'un foyer de BTV4 est notifié dans une zone de 700 km autour de Bruxelles », soit à environ 600 km de la frontière. Au-delà de la stratégie à adopter par la France, la question de la rapidité d'approvisionnement en vaccin est également posée.
(1) « Fièvre catarrhale ovine en Europe en 2014: épizootie dans les Balkans, progression de la circulation en Italie et en Espagne » de Elena Arsevska, Thomas Balenghien, Emmanuel Bréard, Claire Garros, Renaud Lancelot, Corinne Sailleau et Stéphan Zientara, disponible sur www.plateforme-esa.fr/.