Même si la Commission de Bruxelles regrette l’impact négatif pour l’environnement de la disparition progressive de la culture du lin et du chanvre, elle refuse, dans un rapport adopté le 20 mai, de maintenir les plantes textiles à la marge du régime général des subventions agricoles découplées. Le régime – qui bénéficie principalement à la France, à la Belgique et aux Pays-Bas – sera simplifié et aligné sur les principes de la réforme de la Pac de 2003.
«Un découplage complet et l’intégration de l’aide (à la transformation des fibres longues de lin) dans le régime de paiement unique apparaissent comme la meilleure solution », tranche la Commission européenne, dans un rapport adopté le 20 mai, sur le secteur du lin et du chanvre. Et ce, même si « le maintien de l’aide à la transformation des fibres longues de lin a pu contribuer à préserver l’emploi et l’activité économique dans les régions de production ».
Cependant, le régime accordé à ce secteur « n’est pas conforme aux principes de la réforme de la Pac » et surtout, « il est pour ainsi dire certain qu’en dépit de cette aide spécifique, la persistance de prix élevés pour les céréales entraînera une baisse de la production, accompagnée d’une perte des avantages environnementaux et d’une diminution de l’emploi, ce qui pose des questions quant à l’efficacité de l’aide », justifie la Commission. D’autant que la production de lin, principalement destinée au marché chinois, est frappée de plein fouet par l’envolée de l’euro face au dollar.
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Pour maintenir un niveau satisfaisant d’efficacité pour le régime, Bruxelles n’aurait eu d’autre choix de renforcer son attractivité. Ce qu’elle se refuse de faire. Donc, « il convient de supprimer progressivement l’aide octroyée à la transformation (…) et de prévoir la possibilité d’appliquer l’article 69 du règlement de 2003 pour permettre une restructuration et une modernisation du secteur », conclut la Commission.