Les potentiels repreneurs de l'ex-Spanghero doivent se faire connaître au plus vite auprès de l'administrateur judiciaire. Laurent Spanghero est en discussion avec deux candidats à la reprise et poursuit ses négociations avec les banques.
MAÎTRE André Samson, chargé d'administrer le redressement judiciaire de la Lauragaise de Castelnaudary (Aude), anciennement Spanghero, vient de publier une annonce sur le site des administrateurs judiciaires pour que des repreneurs se fassent connaître avant le 10 juillet prochain. Il s'agit d'injecter de l'argent frais dans la société de plats cuisinés et de saucisserie, placée en redressement judi-ciaire le 4 juin dernier par le tribunal de commerce de Perpignan (Pyrénées-Orientales) (voir Agra Alimentation du 29 mai). Le juge avait assorti sa décision d'une mesure de poursuite de l'activité pour une période de six mois. Quelques jours plus tôt, Laurent Spanghero, repreneur de son ancienne société le 7 juillet 2013, avait déposé le bilan avec l'espoir de redémarrer sur des bases financières plus saines et avec un véritable fonds de roulement. Et il espérait ainsi trouver des repreneurs. « Cette opération a été réalisée pour sauver l'entreprise et les 99 emplois. L'usine tourne. Nous fabriquons des plats cuisinés et des saucisses haut de gamme. Nous avons bon espoir de trouver une solution rapidement. Nous sommes en discussion avec deux candidats à la reprise. Et tout ce que je peux vous dire, c'est que nous avançons aussi dans les discussions avec les banques », explique Laurent Spanghero. Ce dernier n'a pas souhaité donner de chiffre et est resté évasif sur l'identité de ces repreneurs français, investis dans l'a-groalimentaire, pour ne pas hypothéquer les chances d'aboutir de cette solution.
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Début juin, Laurent Spanghero évoquait des contacts avec une entreprise susceptible d'investir 3,5 millions d'euros et mettait en avant le retard pris dans la délivrance des certifications sanitaires pour expliquer en partie, la situation financière actuelle. Et il a toujours mis en avant le rééchelonnement du crédit-bail attaché à l'usine de fabrication. « Ce qui nous a fait défaut, c'est incontestablement la trésorerie, alors que les commandes attendues n'étaient pas là, émanant notamment de la grande distribution. Nous produisons certes, mais certainement pas à plein régime », reconnaît Jérôme Lagarde, l'un des représentants du personnel qui participera la semaine prochaine à un comité d'entreprise pour faire le point sur le dossier de reprise. À ce jour 99 employés sont à l'effectif de La Lauragaise, après le départ de huit personnes. L'entité agroalimentaire installée à Castelnaudary avait été placée en liquidation judiciaire après avoir été éclaboussée par le scandale des lasagnes de bœuf qui contenaient en fait de la viande de cheval en provenance d'Europe de l'Est. Après une période de grande incertitude et de battage médiatique, Laurent Spanghero était finalement monté au créneau pour reprendre la société qu'il avait cédé à la coopération Lur Berri quatre années plus tôt. Il s'agissait alors de sauver une centaine d'emplois et de prendre en main un outil industriel moderne. Un an plus tard, dans l'attente de nouveaux acteurs, le défi est exactement le même.