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 Biodiversité Un réseau mondial de zones protégées pour les espèces menacées, priorité de l'UE à Kuala Lumpur

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L'Union européenne, représentée par la Commission de Bruxelles, s'efforce de faire adopter des mesures concrètes pour freiner la diminution de la bio-diversité mondiale, à l'occasion de la Septième conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (COP7), qui s'est ouverte le 9 février à Kuala Lumpur (Malaisie) et doit s'achever le 27. 

Un accord sur la mise en place d'un réseau mondial de zones protégées pour les multiples espèces animales et végétales et autres gènes et bactéries menacées de disparition, sur des indicateurs permettant de mesurer la diversité biologique et sur le partage équitable des avantages résultant de l'utilisation des ressources génétiques est le principal objectif de l'UE.

« Les dirigeants mondiaux se sont engagés à réduire fortement d'ici 2010 la perte de diversité biologique. Or celle-ci continue pourtant à diminuer de manière incontrôlée. Nous ne pouvons absolument pas nous permettre d'échouer », a déclaré la commissaire européenne à l'environnement, Margot Wallström, à la veille de l'ouverture de la conférence.

Selon les experts, les premiers à pâtir de la disparition d'écosystèmes seront les populations pauvres de la planète dont la subsistance est souvent liée directement à la diversité biologique.

L'organisme mondial pour la conservation de la nature (UICN) dénombre 12 259 espèces menacées d'extinction. Près de 80 % de la forêt qui couvrait la surface de la terre il y a 8 000 ans a disparu, a été endommagé ou a été fractionné. Selon certains experts scientifiques, les espèces disparaissent aujourd'hui à un rythme 1000 à 10 000 fois supérieur à l'évolution naturelle. En Europe, l'étude d'un échantillon d'espèces communes d'oiseaux dans 18 pays a montré que 23 oiseaux des champs et 24 oiseaux des bois ont vu leurs effectifs chuter de 71 % entre 1980 et 2002.

Controverse sur l'application du Protocole de Carthagène sur les échanges d'OGM

Du 20 au 27 février, la conférence de Kuala lumpur fera un premier bilan officiel du Protocole sur la biosécurité entré en vigueur en septembre dernier, qui réglemente les échanges internationaux d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Les trois plus gros exportateurs d'OGM, Etats-Unis, Canada et Argentine, qui ont participé à son élaboration mais ne l'ont pas ratifié, seront néanmoins très présents en qualité d'«observateurs».

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La discussion la plus épineuse portera sur la mise en place d'une banque de données internationale sur les biotechnologies où figureront les demandes d'exportation de nouveaux OGM. L'UE, soutenue par le Japon et le G-77 (pays en développement) souhaite que la documentation qui devra être remplie par les exportateurs soit la plus précise possible, tandis que les Américains et leurs alliés défendent un système d'information minimaliste.

Deux autres points feront sans doute l'objet de vives controverses, à savoir la question de la responsabilité civile et de l'indemnisation en cas de contamination de cultures traditionnelles, et la création d'une commission de surveillance chargée de veiller au respect des obligations découlant du Protocole.

(HC)

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