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Un salaire minimum sans effets dans les abattoirs allemands

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La mise en place d’un salaire minimum outre-Rhin il y a un an n’a pas résolu le problème de compétitivité des abatteurs français vis-à-vis de leurs collègues allemands, les premiers dénonçant une mise en œuvre tardive et la non-application aux travailleurs détachés. « Malheureusement rien n’a changé », assure Pierre Halliez, directeur de Culture viande, car « le Smic allemand se met en place de manière très étalée ». La branche de l’industrie de la viande allemande a obtenu de pouvoir « reporter l’application en 2017 et de monter les salaires de façon très très progressive », explique-t-il. Du coup, « ce ne sont pas les quelques dizaines de centimes qu’ils ont ajoutés à leur grille de salaire qui changent grand-chose sur le coût global de la main-d’œuvre en Allemagne », selon lui. De plus, les abattoirs allemands utilisent en majorité des travailleurs détachés, en provenance des pays de l’Est.

Plus d’automatisation dans les abattoirs

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Culture viande
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« L’écart du coût de la main-d’œuvre entre la France et l’Allemagne ne tient pas seulement au niveau des salaires, mais surtout au niveau des charges sociales et celles des travailleurs détachés sont payées dans leur pays d’origine qui sont souvent des pays qui ont un très faible niveau de protection sociale », ce qui représente une « distorsion de concurrence », précise encore une fois Pierre Halliez. Pour Dominique Langlois, président d’Interbev, en France, « il faut encourager la compétitivité par l’investissement », et notamment par l’automatisation. « Il nous faut une main-d’œuvre très qualifiée, c’est important de garder ce savoir-faire, mais nous avons aussi des métiers de main-d’œuvre. On peut automatiser des tâches de manutention qui coûtent de l’argent et cela peut permettre de compenser », estime-t-il. « C’est une voie possible, sachant que si certains postes de l’abattage peuvent se prêter à la robotisation ce n’est pas du tout le cas de la découpe, or c’est indispensable de découper la carcasse pour valoriser la viande », soutient pour sa part Pierre Halliez.