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Un Salon de l’agriculture sans bovin

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Pour la première fois de son histoire, le Salon de l’agriculture se tiendra sans bovin, sur décision des organismes de sélection, qui plaident la prudence sanitaire face à la dermatose, et la « solidarité » avec les éleveurs touchés.

Malgré l’aval des autorités sanitaires, les organisateurs du Salon de l’agriculture ont annoncé, à l’occasion d’une conférence de presse le 13 janvier, que l’évènement n’accueillera aucun bovin cette année, pas même la vache égérie, de race brahman (outre-mer), à la suite d’une décision prise par les organismes de sélection (OS). Les organisateurs avaient déjà annoncé il y a quelques jours qu’aucun concours bovin ne serait organisé cette année au Salon. « C’est une décision historique qui nous laisse profondément attristés mais que nous respectons », a indiqué le président du salon, Jérôme Despey. Les organismes de sélection ont motivé leur décision par précaution sanitaire et par « solidarité avec les autres éleveurs », a expliqué Olivier Alleman, commissaire général du Concours général agricole.

Les affiches du Salon vont être modifiées très prochainement, et un nouveau slogan va être mis en avant : « Venir c’est soutenir ». « Soutenir les agriculteurs, qui ne vont pas très bien, les éleveurs face à la dermatose nodulaire contagieuse, et aussi le Salon de l’agriculture », a expliqué Jérôme Despey. Les organisateurs vont plancher dans les prochaines heures sur l’occupation du Hall 1, où se tiennent habituellement les concours de bovins.

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Coordination rurale
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Boycott et appel au calme

Après les heurts entre la police et des agriculteurs de plusieurs syndicats lors de l’édition 2024, intervenus après plusieurs mois de mobilisations nationales, les organisateurs ont appelé, comme l’an passé, les organisations agricoles à ne pas gêner les visiteurs. « Il faut que le Salon de l’agriculture puisse faire venir nos concitoyens. Le Salon, ce sont des lieux d’échanges, de débat et de respect mutuel », a demandé le président de l’évènement, Jérôme Despey, par ailleurs premier vice-président de la FNSEA. « Nous comprenons la tension, mais il ne faudrait pas que cela devienne une tradition au Salon de l’agriculture, pour lesquels les visiteurs paient un ticket et qui doit se dérouler dans des conditions de sécurité, a renchéri Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca. On ne peut pas mettre la pression sur la Salon chaque année. »

La veille, la chambre d’agriculture des Ardennes, remportée début 2025 par la Coordination rurale (CR), a annoncé son intention de boycotter l’édition 2026, rapporte la presse locale. « On ne peut pas aller dire que rien ne va et aller au Salon de l’agriculture pour dire que tout va bien », a expliqué son président au journal L’Ardennais. « Boycotter pourquoi ? », a répondu Jérôme Despey, en conférence de presse : « Le Salon n’appartient pas à l’État, donc il n’y a aucun intérêt. » Pour Arnaud Lemoine, « si on met trop la pression sur l’évènement, l’alchimie entre les agriculteurs et les visiteurs ne se fera pas, et tout le monde le regrettera ».

« C’est une décision historique qui nous laisse profondément attristés »