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Un top 25 des start-up de la FoodTech française

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DigitalFoodLab a élaboré une liste de 25 start-up parmi les mieux positionnées de la FoodTech française. Une liste qui met l’accent sur les points forts nationaux dans la Agtech, avec Ÿnsect notamment, mais aussi dans les solutions de paiement. Et alors que la livraison de repas de restaurants reste toujours sous-représentée en France par rapport au reste de l’Europe, la livraison de courses confirme l’émergence, surtout depuis le confinement, de nouveaux concepts réussis.

DigitalFoodLab a publié récemment une sélection des 25 start-up de la FoodTech française les mieux positionnées actuellement, réparties parmi ses six secteurs : Agtech, FoodService, Delivery, FoodScience, Retail et Coaching. Un Top 25 qui répond à « une demande de la part des investisseurs, notamment étrangers, mais aussi des industriels sur ce qui se passe aujourd’hui dans la foodtech française, en tenant compte de l’effet Covid-19, explique Matthieu Vincent, co-fondateur du cabinet d’experts DigitalFoodLab. Toutes les start-up retenues ont levé des fonds dernièrement et sont en phase de croissance ».

Parmi les 25 start-up mises en avant, le secteur Agtech est plutôt bien représenté avec une sélection de sept jeunes entreprises. Outre les plus connues, Ÿnsect qui vient tout juste de procéder à une levée de fonds de 224 M$ (190 M€) et InnovaFeed, toutes deux présentes dans l’élevage d’insectes pour la nutrition animale, figurent également Mycrophyt, une entreprise spécialisée dans la production d’ingrédients à base de micro-algues, Naïo Technologies et ses robots agricoles, Agricool, spécialiste de la culture de fraises et maintenant de salades et d’herbes aromatiques dans des conteneurs, Agriconomie, la place de marché B2B pour les fournitures agricoles (engrais, semences…) et enfin Sencrop et ses stations météo de précisions dédiées aux agriculteurs. « L’écosystème français de la FoodTech se caractérise par une grande représentativité dans le segment de l’Agtech, une spécificité qui tient notamment à l’existence depuis plusieurs années de fonds spécialisés qui ont pour eux l’argent et l’expertise dans le secteur. Et le segment du Foodservice est également bien couvert, en particulier avec les solutions de paiement pour la restauration », indique Matthieu Vincent.

Sur le segment du Foodservice, DigitalFoodLab distingue cinq start-up : Tiller, L’Addition et Innovorder, trois concurrents dans les services de paiement, avec des offres de solutions numériques différentes, suivant qu’elles s’adressent aux restaurants individuels ou aux chaînes. Swile (anciennement Lunchr) est également dans la sélection. Cette start-up montpelliéraine, qui a levé 70 M€ en juin dernier, après 30 millions en 2019, offre des solutions de remplacement aux tickets restaurant, mais pas uniquement, grâce à une carte et une application mobile. « Le marché des tickets restaurant, un marché ancien et très réglementé, n’est pas forcément très orienté vers le consommateur. Swile réinvente tout ça », estime Matthieu Vincent. La cinquième start-up citée est Pazzi, un développeur de pizzerias 100 % robotisées, qui a ouvert son premier restaurant près de Disneyland Paris.

La livraison moins représentée

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À l’inverse des deux secteurs précédents, la FoodTech française continue d’être sous-représentée dans le segment Delivery. La livraison de plats de restaurants est pourtant celui qui a représenté les « plus grosses levées de fonds sur les six dernières années en Europe (Delivery Hero, Takeaway, Deliveroo, Wolt, Glovo) », rappelle DigitalFoodLab. Au-delà de la livraison de plats de restaurants, une transition s’opère aujourd’hui au niveau mondial et donc également en France, vers la livraison de courses à domicile. Une activité d’ailleurs largement plébiscitée pendant le confinement et qui a plutôt bien réussi à La Belle Vie, « première start-up de supermarché en ligne en France », selon DigitalFoodLab. La Belle Vie a montré pendant le confinement sa capacité à livrer des courses beaucoup plus rapidement aux consommateurs que tous les distributeurs. La sélection de DigitalFoodLab dans les livraisons compte également Phénix, dans lequel Danone Manifesto Ventures, le fonds d’investissement du groupe Danone a mis des billes au début de l’année. Phénix lutte contre le gaspillage alimentaire en récupérant les invendus auprès des industriels et des fournisseurs, et en les proposant aux associations caritatives et à prix discount ; s’y ajoutent Epicery qui connecte les citadins aux magasins de bouche locaux ne disposant pas toujours de site marchand ; Taster une start-up de cuisine « virtuelle » qui exploite six marques exclusivement sur des plates-formes de livraison ; ou encore Kol, un service de livraison d’alcool, dans lequel Coca-Cola Europe a récemment investi.

Dans le segment FoodScience, DigitalFoodLab a retenu quatre start-up : Hari & co qui commercialise des produits à base de protéines végétales comme alternatives à la viande ; Feed et ses substituts de repas, qui vont du prêt à boire aux barres repas ; Lactips, qui a développé un emballage bio-sourcé, biodégradable et hydrosoluble composé de caséine, l’une des protéines du lait et enfin Gourmey. Cette start-up, la plus jeune dans cette liste, est connue pour ses travaux sur la reproduction de foie gras à partir de cellules-souches de canard, un produit haut de gamme, à forte connotation éthique.

Dans le retail, une catégorie encore petite en France, trois start-up sont mises en avant : Alkemics qui permet aux fournisseurs et détaillants de mieux connecter leurs flux de données via sa plateforme ; Foodles, qui se décrit comme la « cantine du futur », grâce à ses réfrigérateurs connectés installés sur les lieux de travail. Et Connecting Food qui « grâce à la blockchain permet aux industriels connectés avec leurs fournisseurs une parfaite traçabilité sur toute la chaîne », indique Matthieu Vincent.

Et enfin dans le coaching, une seule start-up émerge de la liste : Foodvisor, « la start-up la plus en avance dans ce domaine », selon Matthieu Vincent, qui permet de suivre son alimentation, en photographiant un plat, et non plus en renseignant une liste d’ingrédients. Ce segment est mal représenté dans le paysage de la FoodTech française en termes d’investissements et de nouvelles entreprises, « parce qu’il est difficile de trouver un modèle économique pour cet écosystème », note le spécialiste.