Une page s’est bel et bien tournée le 28 février en Loire-Atlantique. Ce jour-là, l’assemblée de la chambre d’agriculture, dominée par la FNSEA 44 depuis le scrutin de fin janvier, a élu son nouveau président, Jean-François Coué, avec Jacques Lemaître en 1er vice-président. Au pouvoir depuis 1976 dans le département, la Confédération paysanne a officiellement passé le flambeau, en posant cependant plusieurs questions quant à la politique agricole départementale de la nouvelle équipe.
Une page s’est tournée dans l’histoire agricole de Loire-atlantique. Avec 32,82 % des voix aux élections de la chambre d’agriculture (contre 38,89 % en 2001), la Confédération paysanne, à la tête du département depuis 1976, a laissé sa place à la FNSEA 44 (44,27 % en 2007 contre 34,86 % il y a 6 ans). « Nous pensions que le scrutin serait très serré, car nous étions depuis plusieurs scrutins sur une pente descendante, mais nous ne nous attendions pas à une telle chute », avoue Michel Loquet, ancien président de la Chambre d’agriculture. « Cela a été une grosse surprise, même pour la FNSEA 44 », a confié de son côté Patrick Baron, président de la Confédération paysanne 44.
« Répondre à toutes les demandes du consommateur »
Jean-François Coué, tête de liste et président de la FNSEA 44, a été élu le 28 février, sans surprise, nouveau président de la chambre d’agriculture, avec 28 voix sur 40 votants. Lors de son discours d’investiture, il a souligné que « la recherche de valeur ajoutée, et son développement, serait une préoccupation quotidienne» de la nouvelle équipe. « Il s’agit de développer l’organisation collective des producteurs et de renforcer leur place au sein des filières et face aux opérateurs d’aval. Il s’agit aussi de tirer toutes les opportunités du marché répondant à toutes les demandes du consommateur : du produit standard au produit haut de gamme en passant par les produits labels et bio », a-t-il ajouté. Jean-François Coué a par ailleurs indiqué qu’il entendait « lever les freins à l’initiative et limiter les contraintes administratives ». La suppression du seuil de 40 % d’épandage en propre dans le cadre d’une installation avait été le fer de lance de la FNSEA 44 durant sa campagne. Le nouveau président de la chambre a réaffirmé son engagement de « lever rapidement ces contraintes ». Un nouveau bureau, composés de 9 membres, a été élu. L’ancien président de la Fédération nationale porcine (FNP), Jacques Lemaître, a pris les fonctions de 1er vice-président.
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« Une chambre désormais téléguidée par Paris »
La Confédération paysanne reste, de son côté, « sur sa faim » quant à la nouvelle politique qui a été annoncée lors de l’investiture. « Nous n’avons obtenu aucune réponse aux questions que nous avons posées sur la politique agricole qui va être concrètement menée dans le département », déclare Michel Loquet, qui siège parmi les 3 élus de son syndicat dans l’assemblée. L’ancien président, qui a pris la parole après le discours de Jean-François Coué, a souligné que le 28 février 2007 symbolisait « un tournant dans l’histoire de l’agriculture de Loire-Atlantique» et a appelé la nouvelle équipe à « ne pas gaspiller les acquis ». Grosse inquiétude pour l’ancienne équipe : le devenir du journal départemental bimensuel Agriculture 44, réalisé en collaboration avec le Crédit agricole, la MSA et Groupama. Michel Loquet a demandé que soient « clairement révélées les intentions » de la nouvelle direction de la chambre sur ce sujet. « Nous avons réellement l’impression que la direction de la chambre va être désormais téléguidée depuis Paris ou depuis la Chambre régionale », a confié l’ancien président.