Les temps changent ? Sans conteste. Combattant de la première heure des pollutions émises par les incinérateurs, le toxicologue Jean-François Narbonne était convié à s’exprimer le 16 mars lors de la conférence de presse des professionnels de l’incinération. Pour le scientifique, l’incinération en France a mis le temps ( « 14 ans ! ») mais elle est enfin aux normes en matière de filtration des émissions polluantes. S’appuyant sur les résultats rassurants d’une récente étude sur l’imprégnation par les dioxines des populations vivant à proximité d’usines d’incinération d’ordures ménagères (InVS, Afssa, ministère de la Santé), Jean-François Narbonne appelle les écologistes et les élus locaux à « ne pas diaboliser l’incinération ». Alors qu’en 1999, 30% des Français avaient, en matière de dioxine, une DJA (dose journalière admissible) supérieure à la norme – en raison de la consommation de viande et de lait –, les taux ont désormais « bien baissé » sur ces denrées. Ces taux restent toutefois toujours importants sur les poissons. Très lentes à disparaître (200 à 300 ans), les dioxines accumulées dans les sols ont « peu d’impact » sur les herbivores amenés à paître sur les terres contaminées, poursuit Jean-François Narbonne. A l’inverse, le transfert de dioxine est malheureusement « très efficace » vers les poules élevées en liberté, conclut-il.
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