Abonné

Afrique du Sud Une agriculture bien préparée à la libéralisation mondiale, selon l’OCDE

- - 3 min

Les importantes réformes agricoles conduites en Afrique du Sud ces vingt dernières années ont préparé ce pays à profiter pleinement de la libéralisation du commerce international en cours de négociation à l’OMC, selon un rapport de l’OCDE.

Une réduction de 50 % des droits à l’importation et des subventions à l’exportation dans le monde entier, conjuguée à une diminution de 50 % du soutien interne à l’agriculture dans les pays de l’OCDE, rapporterait environ 250 millions de dollars à l’économie sud-africaine, sous la forme d’une augmentation des revenus des consommateurs et des producteurs, estime l’Organisation pour la coopération et le développement économiques.

D’autres pays en développement comme le Brésil, la Chine et l’Inde seraient eux aussi bénéficiaires dans ce scénario.

Grâce à des accords bilatéraux, les principales exportations agricoles de l’Afrique du Sud, à savoir le vin et les fruits frais, ne sont pas très lourdement taxées par les pays de destination à l’heure actuelle, constate par ailleurs l’OCDE. Mais, ajoute-t-elle, l’UE, principal marché de l’agriculture sud, augmente ses droits de douane sur les fruits importés pendant la période des récoltes pour protéger sa propre production, ce qui freine les échanges.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Un soutien public assez faible mais facteur de distorsions

Les vastes réformes lancées dans les années 90 pour libéraliser l’agriculture sud-africaine ont amélioré la compétitivité du secteur et les aides qui subsistent sont modestes, souligne également le rapport. Ainsi, les aides publiques représentaient en moyenne 5 % des recettes agricoles entre 2000 et 2003, ce qui est comparable aux niveaux observés en Australie, au Brésil et en Chine, et très inférieur au soutien dispensé aux Etats-Unis et dans l’UE (20 % et 34 % respectivement).

Le soutien public, relativement faible, dont bénéficient les agriculteurs sud-africains sert essentiellement à maintenir les prix de leurs produits. Selon l’OCDE, cette forme de soutien est l’une de celles qui faussent le plus les échanges. Par ailleurs, les aides sont inégalement réparties entre les produits. Ainsi, le sucre en est de loin le principal bénéficiaire, moyennant des droits élevés sur les importations et un système de prix préférentiels au profit des producteurs nationaux.

Enfin, l’OCDE note que, si la réforme foncière doit rester une priorité pour l’Afrique du Sud, il faut améliorer les procédures d’acquisition et de réattribution des terres. De même, pour que la production commerciale se développe, les bénéficiaires de la réforme, en particulier les nouveaux petits exploitants, ont besoin d’un appui financier ainsi que d’une formation dans les domaines des technologies, de la mise sur le marché et de la gestion.