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Produits laitiers Une année 2005 mitigée selon les fabrications

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Le SCEES, Service central des enquêtes et études statistiques du ministère de l’Agriculture, vient de publier sa dernière enquête annuelle laitière. Elle révèle que si la production laitière a progressé de 2% avec 22,7 milliards de litres, elle reste au-dessous du quota de production alloué par Bruxelles à la France. L’enquête montre également que les fabrications de beurre, crèmes et fromages sont en baisse, tandis que les yaourts et desserts lactés poursuivent leur progression.

L’année 2005 n’aura pas été faste pour les fabrications de produits laitiers, c’est la dernière enquête du service des statistiques du ministère de l’Agriculture qui le dit. Effectuée auprès d’établissements collectant 1 800 hectolitres de lait de vache dans l’année et auprès de tous les établissements transformateurs de lait ou de produits laitiers, soit 987 établissements au total, cette enquête offre de nombreux enseignements. En 2005, les fabrications de l’ensemble des laits conditionnés diminuent de 2,5 %, alors qu’elles avaient progressé de 1,2 % en 2004. La production de crème fraîche connaît aussi un repli dû à une baisse de moitié des exportations, les crèmes allégées bénéficiant, elles, d’une meilleure conjoncture. Les fabrications de beurre, après une forte chute en 2003 et 2004 ne baissent que de 0,9 % en 2005. Ce chiffre dépend de l’offre de lait, car la production de beurre est une variable d’ajustement en économie laitière.

Fromages :  Les AOC et les autres

Les fromages au lait de vache subissent une baisse globale de leur production de 1,1 %, les fromages sous AOC, comme le comté, s’en sortant mieux que les autres. Les productions de fromages frais, de fromages affinés à pâte molle ou pressée cuite baissent. Celles des pâtes persillées se maintiennent, alors que les productions de pâtes pressées non cuites progressent. En croissance moyenne de 2,4 %, les fabrications de pâtes pressés non cuites bénéficient de la bonne tenue des fromages à raclette, de l’edam, du gouda et de la mimolette. Bons résultats aussi pour le saint-nectaire. Les fromages de chèvre avec une augmentation de 4,2 % de leur production et ceux de brebis avec une augmentation de 0,9 %, gardent les faveurs du public.

Les productions de yaourts et autres laits fermentés augmentent grâce aux exportations, les ventes en France étant stables.

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La France se place au premier rang des fabricants de poudres maigres de l’Union européenne avec une augmentation de 20 % du séchage de poudre de lait écrémé. La demande étrangère restant élevée malgré la baisse des aides européennes à l’exportation. La production de poudre de lactosérum se redresse de 0,3% grâce aussi aux exportations, tandis que les poudres grasses et les caséines baissent respectivement de 3% et 4,5%.

Toujours plus de concentrations

Avec 812 établissements en 2005, l’appareil productif a perdu 19 unités dans l’année. Il y en avait 1467 en 1987. Les plus gros établissements élaborent désormais 92 % des produits frais, contre 64 % en 1973. L’emploi, une fois de plus, pâtit de ces regroupements. En 2005, comme en 2004, le nombre de salariés diminue de 4 % selon l’enquête. Ce rythme qui s’est accéléré depuis 2002 est aujourd’hui plus élevé que dans les autres industries agricoles et alimentaires. Les salariés de l’industrie laitière représentaient 20 % des emplois des IAA en 1986 contre moins de 15 % aujourd’hui. En revanche, le solde du commerce extérieur des produits laitiers s’améliore quand ceux des autres IAA se dégradent et les investissements corporels du secteur laitier ont augmenté en 2005 de 2,9 %.