Des exportations en croissance à deux chiffres ont sauvé l’an dernier les volumes de l’industrie des produits laitiers frais, particulièrement affectée par le ralentissement des achats des consommateurs dans la grande distribution.
L’année 2008 aura été une année particulièrement difficile pour l’industrie des produits laitiers frais. Représentant un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros, soit 9 % du total des industries alimentaires, la catégorie a subi une baisse importante de la consommation des ménages, a indiqué Syndifrais lors de son assemblée annuelle.
Les fabrications françaises de produits laitiers frais ne se sont maintenues en volume à près de 3,2 millions de tonnes (+0,7 % par rapport à 2007) que grâce aux exportations dont la hausse à deux chiffres a compensé la chute des ventes sur le marché intérieur. Si la production de yaourts est restée stable, celle des desserts a été en croissance de 0,5 %, les crèmes de 0,9 % et surtout les fromages frais de 2,6 %.
Globalement les volumes commercialisés en grande distribution (hypers, supers et hard discount) ont reculé de 3,4% en ce qui concerne l’ultra-frais pour retomber à 1,85 million de tonnes. En incluant les crèmes les tonnages vendus n’ont reculé que de 2,6 % à 2 MT.
Ce sont les yaourts (-4,8 %), et en particulier les allégés (-6,3%), qui ont le plus pesé dans cette baisse des volumes, tandis que le segment des « probiotiques » n’a perdu que 1,1 %. Les fromages frais ont perdu 1,8 % en volume et les desserts 1,5 %. En revanche, les crèmes ont connu une croissance de 4,3 %.
Des prix contenus bien en-dessous de l’inflation
Stanislas de Gramont (Danone France), qui préside Syndifrais, a tenu à souligner que la hausse des prix de vente au consommateur n’a été que « très modérée » durant l’année 2008, enregistrant une progression de 1,9%, contre 3,2 % pour les autres produits alimentaires, selon l’Insee. Il a même ajouté que, à fin février 2009, les prix ont baissé de 2,7 % sur un an, de source IRI.
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En 2008, aucun réseau de distribution n’a réussi à tirer son épingle du jeu, y compris le hard discount qui finit également en baisse de volume.
L’année a été très défavorable aux marques nationales qui ont perdu du terrain (-8,2 % en volume, +1,5 % en valeur), tandis que, avec des hausses de prix très sensibles, les MDD ont progressé de 2,2 % en volume et de 8,7 % en valeur et les 1 ers Prix, en recul de 2,4 % en volume, ont gagné 10,7 % en valeur.
La RHF, dont les données pour 2008 ne sont pas encore disponibles, représentait en 2007, rappelle-t-on, un débouché de 200 478 tonnes, d’une valeur de 314 M EUR, dont 79 % en restauration collective, selon Gira Foodservice.
Enfin, le commerce extérieur, dans le prolongement de ces dernières années, a pris encore un peu plus d’importance. Les exportations ont augmenté en 2008 de 10,8 % en volume pour atteindre 671 MT, pour des importations quasi inchangées à 233 000 t. Ce sont les yaourts qui restent le moteur de ces échanges avec une croissance de 15,7 % des volumes exportés (439 000 t), soit un bond en valeur de 23 % (545 M EUR). Les fromages frais ont suivi sur une pente également positive avec des exportations en hausse de +6,2 % en volume, à 197 000 t, et de 15,6 % en valeur à 485 M EUR.