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Une AOP de mise en marché de légumes

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Une Association d’organisations de producteurs (AOP) de mise en marché de légumes vient de voir le jour en France. C’est une première en France et en Europe, selon son président.

Baptisée Les Maraîchers Français, cette AOP rassemble quatre organisations de producteurs : Océane et Vitaprim (Loire-Atlantique), Solarenn (Ille-et-Vilajne) et Kultive (Loiret). Ses statuts ont été validés en novembre mais ce n’est qu’aujourd’hui que ses membres fondateurs communiquent. Elle a pour objectif « de regrouper les volumes en tomates et concombres et de répondre à des demandes de la grande distribution à certaines périodes, pour aider à écouler du produit en périodes compliquées », explique le président des Maraîchers Français, Laurent Bergé. Également président de la coopérative Océane et de l’AOPn Tomates et Concombres de France, Bergé précise que l’AOP agit en tant qu’intermédiaire commercial au nom des OP, mais sans transfert de propriété. Elle représentera « entre 50 000 et 80 000 tonnes de tomates et 30 000 à 40 000 tonnes de concombres », ajoute-t-il. Ce type de structure a été adopté l’an passé, en filières animales, par les AOP Porc Grand Ouest et Elvéa en viande bovine. L’intérêt d’une telle AOP, c’est d’abord de mettre sur le marché un volume à un prix calé à l’avance.

Consolidation d’un marché

En ce début d’année, tout le travail de l’AOP consiste à faire connaître Les Maraîchers Français des acheteurs de la grande distribution. Ce qui n’est guère compliqué, dans la mesure où ces acheteurs connaissent déjà individuellement ces fournisseurs. Mais cette AOP de mise en marché a un autre avantage, celui-là plus structurel : la consolidation d’un marché car « seuls, on n’est pas suffisamment gros pour influer sur les paramètres d’un marché », analyse Anthony Langlais, directeur général de Kultive. Premier producteur de concombres de France (23 000 tonnes par an), Kultive n’avait pas, a priori, d’intérêt commercial à adhérer à l’AOP. En réalité, c’est tout le contraire. « Il faut avoir en tête que l’AOP va travailler non comme une structure de dégagement de produits, mais de structuration du marché et de l’offre française », poursuit Langlais. Le concombre français est en effet déficitaire en France et la consommation fait appel à de l’importation d’Espagne à contre-saison et du Bénélux (Belgique, Pays-Bas) le reste de l’année.

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Quels volumes les OP pourraient-elles faire transiter dans l’AOP ? Christophe Rousse indique que Solarenn ne commercialisera pas plus de « 10 à 20 % de sa production annuelle dans Les Maraîchers Français. Nous avons notre marque à faire vivre, avec ses propres marchés ». Réponse similaire d’Anthony Langlais (Kultive). Les opérateurs réfléchissent au coup d’après. L’élargissement de l’AOP à d’autres OP d’un côté, à d’autres légumes de l’autre. Ils évoquent en particulier l’aubergine et le poivron, là encore deux légumes loin d’être auto-suffisants en France et pour lesquels l’origine France est recherchée sur le marché.

« Seuls, on n’est pas suffisamment gros »