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Élevage breton Une assemblée générale revendicatrice pour l’UGPVB

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Responsabilité, innovation, compétitivité, réactivité... les mots utilisés par Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), le 22 décembre à l’assemblée générale, annoncent une volonté de changement de l’élevage breton.

Le 22 décembre à l’assemblée générale de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), Michel Bloc’h, son président, a fait le bilan de la triste réalité de l’élevage actuel. « En bœuf, la France importe, en solde net 2009, 120 000 tonnes de viande quand l’Allemagne en exporte 130 000 tonnes. La production de porcs a bondi de 23% en 10 ans en Allemagne, de 17% en Espagne, de 15% au Danemark. Elle a baissé de 1% en France », relève-t-il. Il fixe l’écart de compétitivité pour la filière porcine à « 75 millions d’euros par an pour la seule Bretagne ». Très revendicatif auprès de Michel Cadot, préfet de Bretagne, il demande de résoudre les problèmes de distorsions intra-communautaires, de simplifier les démarches administratives afin de faciliter les restructurations et les mises aux normes, de redéfinir la politique des ZES, de sécuriser juridiquement les éleveurs quant à l’accord sur le phosphore, de modifier les relations avec la GMS... La liste est longue et reprend les enjeux centraux de l’élevage, discutés ardemment sur le terrain comme à Bruxelles. La filière et l’Etat ont été pris à partie pour favoriser le développement de l’élevage breton, « dans un monde qui bouge » ; un monde surtout demandeur, d’ici quelques années, de viande. « Les échanges vont croître sur la scène internationale : +25% en viandes de volailles et de porc et +15% en viande bovine, si l’on compare la période 2008/2017 et 1998/2007 ». Interpellé, Michel Cadot répondra qu’il n’est pas là « pour régler un problème précis, détaillé mais pour essayer de mettre à profit cette rencontre pour esquisser des perspectives ». Il s’engagera sur 5 points déjà annoncés par le ministère de l’Agriculture et la Draaf de Bretagne.

Un bilan production par production pour 2010

Œufs, bovins porcins, l’assemblée générale a fait le point sur toutes les productions de l’élevage breton. En œufs, l’année 2010 est plutôt « atypique », avec un premier trimestre satisfaisant. À partir d’avril, l’offre de l’Union européenne, très importante, a fait chuter les cours bien en dessous de ceux de 2009 (-11,6% sur 46 semaines en prix coquille). Avec la hausse des matières premières, le coût de production a augmenté de 15,2% et les perspectives pour 2011 sont plutôt « sombres ». La prévision des volumes est difficile, mais « l’on sait que l’offre de l’UE restera abondante », relève Jean Quennemet, président de la section œuf. En bovins, l’UGPVB réfléchit à « une organisation collective d’un flux d’export broutards vers le Maroc », selon Philippe Dagorne, président de la section bovine. En termes de transparence, l’Union travaille sur une « remontée d’informations » sur les prix pratiqués en jeunes bovins et broutards, les effectifs, les abattages et les flux. En porc, après un rappel des chiffres des cours et de ceux de l’aliment, « c’est une dégradation de trésorerie de 280 à 300€ par truie à fin juin 2011 » qu’annonce Jacques Crolais, directeur de l’UGPVB. « Cette perte est à ajouter à celle cumulée sur 2008 et 2009 de 90 000 à 100 000€ pour un élevage spécialisé de 200 truies. » Il a rappelé, entre autres, les nouvelles règles du marché des coches et le manque de « leadership » de la France en termes de production.

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