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Une association lance un appel citoyen pour interdire les phytos de synthèse

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Le journaliste Fabrice Nicolino et le président de Générations futures François Veillerette annoncent le 12 septembre le lancement d’une mobilisation citoyenne en faveur de l’interdiction des pesticides.

L’association Nous voulons des coquelicots, appelée plus simplement les Coquelicots, lance le 12 septembre un appel à la mobilisation des citoyens pour tourner le dos aux pesticides de synthèse. À sa présidence, Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé en écologie, dont la plume s’est illustrée notamment dans le Canard enchaîné, Télérama, Arrêt sur images, et Charlie Hebdo dont il fait partie des rescapés de l’attentat du 7 janvier 2015. C’est d’ailleurs dans les pages de l’hebdomadaire satirique que l’appel a été rendu public. L’association compte quinze bénévoles et cent premiers signataires, célèbres ou anonymes. Parmi eux, Générations futures, dont le président François Veillerette est venu défendre le mouvement aux côtés de Fabrice Nicolino. Apparaissent également dans la liste Greenpeace, la fondation GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand, France Nature environnement, la Fédération française des apiculteurs professionnels et l’Unaf, Noé, Allain Bougrain-Dubourg, Paul François de Phyto-victimes, le sénateur Joël Labbé, et même l’Église catholique, en la personne de Marc Stenger, évêque de Troyes. « Il a très bien réagi quand je lui ai annoncé que l’appel apparaîtrait dans Charlie Hebdo », sourit Fabrice Nicolino.

Rassembler 5 millions de personnes

L’appel devrait s’étendre sur deux ans, avec pour objectif le ralliement de cinq millions de personnes. « Nous assistons à une crise d’extinction des espèces », et l’homme est devenu « une décharge chimique ambulante », dénonce Fabrice Nicolino, énumérant les résultats de différentes études (Inra, CNRS…) qui pointent les effets des produits phytos sur l’homme et l’environnement. François Veillerette attend quant à lui un « sursaut populaire », afin de rappeler qu’il « existe une société vivante » en droit de refuser ce qu’elle « ne supporte plus ». Le texte des Coquelicot tient en quelques lignes : « Nous ne reconnaissons plus notre pays ; la nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans, la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards. Les grenouilles et les sauterelles sont comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! »

Pas de solutions proposées

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L’association martèle qu’elle n’est ni politique, ni écologiste, mais « humaine », et que son unique objectif repose sur une interdiction totale des pesticides. Interrogé sur sa position quant aux solutions à apporter aux professionnels de l’agriculture pour se passer des produits phytosanitaires, Fabrice Nicolino rétorque que l’association n’est « pas là pour aider ni condamner les agriculteurs, ce n’est pas le rôle des Coquelicots de se charger ça ».

« Nous assistons à une crise d’extinction des espèces, et l’homme est devenu une décharge chimique ambulante » Fabrice Nicolino, président de Nous voulons des coquelicots

L’Anses dans le collimateur de Charlie

Fabrice Nicolino et François Veillerette co-signent un livre-manifeste du même nom que l’association, dans le cadre de sa campagne. Sous forme de plaidoyer, il milite donc pour l’interdiction des pesticides en France. « Nous y mettons lourdement en cause Roger Genet, le directeur de l’Anses », annonce Fabrice Nicolino, qui estime qu’il y a un « drôle de mélange de genre » car l’agence est à la fois en charge des AMM et « chargée de notre protection ». Charlie Hebdo publie d’ailleurs une demande de démission de Roger Genet, car « ce monsieur s’est exprimé avec clarté comme militant pro-pesticides ». Ainsi Fabrice Nicolino rappelle qu’il n’a « aucune confiance dans les institutions ». L’ensemble de son édition du 12 septembre est consacré aux pesticides. L’hebdomadaire publie en outre les résultats de l’analyse de mèches de cheveux prélevées dans la rédaction, afin d’y mettre à jour la présence de phytos. « On a retrouvé entre 34 et plus de 50 pesticides différents », tempête Fabrice Nicolino.