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Crise du lait/Médiation Une augmentation du prix du lait semble acquise

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Francis Amand, médiateur des relations commerciales, a dévoilé en fin de semaine dernière ses propositions pour parvenir à une revalorisation rapide du prix payé aux producteurs de lait et d’un partage équitable de l’effort financier correspondant entre les transformateurs et la distribution. La hausse technique porte sur 3 centimes par litre de lait pour le lait de consommation et sur 2 centimes par litre de lait incorporé dans les produits transformés. Ce projet a été plutôt bien accueilli, seuls les industriels émettant des réserves s’estimant un peu oubliés.

Les propositions faites par Francis Amand au terme de discussions avec l’ensemble des acteurs de la filière laitière (organisation professionnelle des producteurs, principaux industriels transformateurs et enseignes de la grande distribution) ont permis de dégager un consensus sur la nécessité de prendre des mesures d’urgence exceptionnelles pour assurer la pérennité de la filière. Reste à faire de même sur les modalités pratiques du dispositif préconisé. Le médiateur espère qu’un accord « peut être obtenu sans délai ». Ce dispositif se fonde sur une hausse technique au 1er juin 2013 acceptée par la grande distribution, qui vise à prendre en compte la hausse du prix de la matière première lait. Cette hausse est totalement indépendante des négociations commerciales entre chaque enseigne et ses fournisseurs, qui ont eu lieu et ne sont pas remises en cause par les parties.
La hausse technique porte sur 3 centimes par litre de lait pour le lait de consommation et sur 2 centimes par litre de lait incorporé dans les produits transformés. Un expert technique indépendant est chargé de déterminer pour cette hausse technique les coefficients de transformation du lait pour chaque grande catégorie de produits laitiers transformés. Cette hausse technique s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2013 et figurera sur les factures sous forme d’une mention en pied de facture. Une condition qu’avait émise la grande distribution pour assurer la transparence de la répercussion des hausses qu’ils ont consenties jusqu’aux producteurs. La quasi-totalité des grands enseignes a marqué son accord sur cette proposition.

Les industriels plus dubitatifs

En contrepartie, les industriels transformateurs, entreprises privées ou coopératives, se sont engagés à payer aux producteurs de lait des prix d’achat leur garantissant une hausse de 25 euros par 1000 litres en moyenne annuelle sur la totalité de l’année 2013. Ils acceptent un relèvement immédiat de même ampleur pour le lait collecté à compter d’avril. Officiellement, les industriels privés réunis au sein de la FNIL (Fédération nationale des industries laitières) n’ont pas réagi et semblent prêts à se conformer à cet accord. Certains font toutefois remarquer qu’ils supporteront une hausse de prix de 2,5 centimes tout au long de l’année, alors que la distribution ne les rétribuera davantage que sur sept mois. Les transformateurs du secteur coopératif ont également, par un communiqué de Coop de France, émis des réserves. Ils jugent que « les propositions du médiateur en faveur d’une hausse indispensable du prix du lait pour les producteurs, seront clairement insuffisantes pour la survie des industries laitières ». Ils font remarquer que leurs marges sont inférieures à 1 % et que certains segments travaillent même à perte depuis un an, ce qui les oblige à envisager des restructurations destructrices d’emplois. Et de rappeler, tout comme la FNCL, que la LME doit permettre de résoudre ce problème de manière plus permanente en apportant « à la hausse ou à la baisse, une réponse à la volatilité devenue structurelle des prix des matières premières agricoles ».

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