Coup sur coup, la Commission européenne a dû suspendre, en moins de deux semaines, deux des principaux programmes d'aide d'urgence qu'elle avait mis en place pour aider le secteur agricole à faire face à l'embargo imposé par la Russie sur les produits agroalimentaires de l'UE. Après les demandes « disproportionnées » de la Pologne pour ses fruits et légumes, ce sont les volumes de fromage stockés par l'Italie qui ont entraîné la suspension du régime d'aide européen. Un des objectifs affichés de la nouvelle Pac était une meilleure utilisation des deniers publics. Et à la première crise venue, les dérapages commencent. En réagissant comme au bon vieux temps de l'intervention, le secteur agricole s'est tiré une balle dans le pied. Les temps ont changé. Les fonds de la Pac ne sont plus aussi abondants. Et en cette période de fortes restrictions budgétaires, les marges de manœuvre sont minimes. Le manque de responsabilité dont ont fait preuve certains pourrait bien avoir hypothéqué les chances que soit mis en place un plan d'aides compensatoires aux exploitations les plus affectées par l'embargo. Si l'idée d'un tel dispositif semblait bien acceptée par la plupart des États membres, certains avaient néanmoins prévenu qu'il faudrait prendre garde à ce que de tels soutiens soient utilisés de manière efficace. Et comme le budget agricole est de plus en plus serré, les fonds devraient, selon toute probabilité, être puisés dans la réserve de crise. Pas sûr qu'après ces abus, les États membres les plus réticents acceptent de voir les aides directes de leurs agriculteurs amputées aux profit de quelques opportunistes.
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